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la Passion de Courir!

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5 juillet 2017

Ultra Race 110km ( 7000m D+)

Pourquoi  je me suis inscrit sur Ultra Race 110km avec dénivelé 7000m + fin Mai à Annecy ?

Parce que j’avais l’ambition de faire un ultra de 165km en Octobre 2017 donc il faudrait faire un trail de + 100km 6 mois avant cet ultra ( j’avais pensé à Ultra 165km aux Pyrénées). Mais j’ai changé d’avis, je retire mon projet d’ultra 165km pour raisons personnelles et familiales. Mais j’ai décidé quand même d’aller faire Ultra Race 110km. Yan Motschwiller, un fidèle compagnon avec qui on s’entend très bien dans des courses difficiles, avec lui, on gère souvent très bien nos rythmes croisés. Il a décidé d’y aller avec moi. C’est bien pour lui car il prépare ses Diagonales des Fous à la Réunion en Ocobre 2017. (J’aimerai faire cette diagonale en 2019 si tout ira bien).

Vendredi, j’ai rejoint Yan à la gare de DIJON pour nous rendre à Annecy ensemble avec sa voiture,

Nous sommes bien arrivés à Annecy, il faisait déjà chaud.

Nous filons directement chercher nos dossards au Village Maxi Race juste derrière le magnifique lac !,

 

 Nous avons eu une bonne surprise  de recevoir un cadeau de bienvenue, une bouteille de bière personnalisé par notre numéro de dossard, pas mal ! J’ai aperçu le grand champion de trails, le français, François D’Haene dans ce village et j’ai posé photo avec lui. ( voir photo). Il va faire aussi cet Ultra Race pour préparer son UTMB qui va être très disputé cette année avec le grand retour de Kilian JORNET ( l’extra terrestre  de l’Ultra Trail, et mon idole !).

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Cette course a une particularité, c’était la 1ère édition de MAXI RACE cette année et le départ était à 1h30 du matin !, c’était compliqué pour Yan et moi de gérer le temps de repos et du repas avant cette course. Et la chaleur qui frappe Annecy ne nous a pas aidés.

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À l’hôtel à 8km du départ, après avoir avalé un bon repas de pâtes frâiches et une bouteille de Pellegrino bien frais dans un resto au Vieux Annecy ( magnifique quartier très charmant), nous rentrons vite à l’hôtel vérifier une dernière fois nos équipements et je me suis allongé et mes paupières ont vite baissé, Yan regardait son émission de jeu préféré qu’il ne pouvait pas manquer et il n’a pas dormi. Il m’a réveillé 2h avant le départ.

On est enfin dans notre sas de départ. On n’est pas loin des élites.  C’est les organisateurs qui ont trié les différents participants par différents SAS de départs en fonction de nos palmarés et on nous a classé pas loin des Elites, donc c’est tout dire… pas mal !

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1h30 : c’est parti ! les feux en rose ont illuminé le chemin de départ avec une bonne ambiance et beaucoup de familles et amis sont là pour encourager ses proches. On déroule tranquille le long des berges du lac pendant 3km, et on a même vu des jeunes fêtards avec leur bouteille d’alcool se défoncer et nous on court pour une vingtaine d’heures !  il ne faisait pas froid du tout, je suais déjà au début de la course.

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On affronte la 1ère ascension pour atteindre le sommet de SEMNOZ ( déjà 1200m de dénivelé à avaler), on a croisé Luca PAPI, ambassadeur de WAA qu’on vient de doubler, Yan et moi on s’est regardé si on allait pas trop vite car Luca est un traileur professionnel et a couru des courses extrêmes, on vient de le doubler en grimpant le sommet, je suis surpris et on s’est dit que peut être il a décidé de s’ amuser et non faire la course avec les élites ou économiser car on va passer tout le monde une journée très très difficile avec la canicule ( on parle de 34/35 degrés au milieu de la journée),

On est arrivé au 1er ravito et on est agréablement surpris qu’on nous propose de la soupe chaude ( j’en ai pris 2 !). J’ai bien rempli les bidons et la poche à eau car je suais beaucoup déjà et j’ai grignoté pas mal car le prochain ravito «  solide » est assez loin. On est pas resté longtemps. On est reparti sans traîner.

On attaque la longue montée vers Le Charbon. Les 1eres difficultés apparaissent, c’est que nous souffrons de plus en plus  avec l’augmentation des températures petit à petit.

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Je regardais ma montre Fénix 3 pour les kilomètres avalés depuis. Je sais qu’il ne faut pas trop regarder la montre car on voit souvent l’augmentation de distance très lente qui peut casser le moral, je le regardais car j’étais pressé d’atteindre le prochain ravito pour m’asseoir un peu. Il faisait chaud ! par chance, les sous bois nous font du bien avec la fraîcheur mais ca ne dure pas, j’ai eu un coup de mou juste avant ce ravito.

 

 Je me suis demandé mais avec cette chaleur qui va taper toute la journée, comment je ferais pour atteindre 113km avec les 6 côtes encore à faire…je commençais à ne plus avoir d’eau.

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 Heureusement que le ravito suivant arrive là. J’ai décidé de m’asseoir, Yan avait l’air envie de repartir, mais j’ai préféré souffler, m’asseoir et manger et régler la position de mon sac à dos. Yan m’a rejoint s’asseoir à côté de moi et il m’a dit qu’il faut repartir et ne pas rester assis longtemps, oui il a raison mais j’étais bien en étant assis. Bon il faut y aller ! je rouvre mon portable mais pas de réseau ! donc je le range et on continue…

Des coureurs commencent à souffrir sérieusement et dorment même à coté du sentier, vaincus par le sommeil !, nous, pas question de dormir là.. On continue.. de loin, j’aperçois le Lac mais c’est cruel qu’on voit de loin le Lac alors qu’on souffre avec la chaleur, cela nous donne envie d’y plonger, la couleur du Lac était trop belle ! J’ai revu Luca PAPI qui a décidé de mettre le turbo en accélérant de façon incroyable ! et je ne l’ai plus revu.

Encore une côte à faire avant d’atteindre le grand ravito de Doussard, on s’arrête à un ravito léger, ( ce ravito était mal organisé, des bénévoles désorientés, il n’y avait plus d’aliments en rupture de stock et je vois des packs de bouteille d’eau en plein soleil et pas à l’ombre, c’est pas très génial) et là, je me dis que c’est pas très super de continuer la course avec cette chaleur qui nous épuise et qui diminue de plus en plus notre plaisir de courir. Je vois beaucoup de coureurs allongés à l’ombre et même je vois une dizaine de coureurs jeter l’éponge et attendent une navette pour rentrer. Yan et moi, on discute ce qu’on fait. Car on était à km 50/55 et pas encore la moitié de la course et on est déjà fatigués. On est inquiets de la suite. On commence à évoquer les1er mots de l’abandon, l’arrêt total sur cette ravito. Mais non, on s’est regardés, il ne faut pas regarder les coureurs prendre la navette, mais plutôt regarder le sentier qui nous ramène dans la suite. On grimpe, Yan est parti et moi je traîne car j’avale des noix de cajou, je commençais à être faible. Et je l’attrape et je suis parti en bon rythme, j’aime beaucoup grimper,( mon point fort)  je prends plaisir de monter malgré la canicule. Je double de plus en plus de coureurs étouffés et Yan me rejoint dans la descente après le sommet, Yan est un très bon descendeur, il a l’air de se balader en descentes et moi je ne suis pas bon . Je le reconnais ( je dois travailler plus aux descentes à l’entraînement) et j’ai eu des douleurs de genoux en descente et j’ai dit à Yan que je ne pouvais pas accélérer en descendant, et qu’il peut y aller à son rythme et on se verra dans la suite. Et que je le rattraperai aux montées suivantes. À l’approche du ravito solide du Gymnase Doussard KM 71, j’étais content et bien en jambes.

On arrive au gymnase Doussard et je vois quoi ? ouh là là beaucoup de traileurs allongés et occupés par la Croix Rouge Et d’autres se font masser par des kinés et d’autres aux soins des podologues. Et d’autres déjà habillés en ville attendre la navette du retour.

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Yan me dit qu’il n’en peut plus, qu’il veut arrêter là. Il veut dormir. Je lui ai dit qu’il doit s’allonger et dormir un peu et que je m’occuperais de lui en lui apportant de la soupe, du coca etc… je me change, je jette mes paires des chaussettes troués déjà. Je suis allé chercher du coca et soupe un peu plus loin, et un couple de traileurs me disent bravo pour arriver là. Je m’étonne de leur déclaration et je leur dis que eux c’est pareil mais que ce n’est pas fini, encore beaucoup d’heures de course à faire. Ils nous répondent : «  nous, on arrête ici, c’est pas possible de continuer avec la chaleur, c’est trop dur ». je me pose des questions vu que Yan veut arrêter aussi. Je fais quoi ? je retourne le voir, il dormait déjà profondément, j’en ai eu l’impression, je le réveille car la soupe était prête, et il se réveille difficilement et il n’a pas envie de se lever et préfère dormir encore… ouh là là là, je rouvre mon portable appeler ma chérie prendre ses nouvelles et ceux de mes enfants. je réveille à nouveau mon ami qui se lève doucement et avale la soupe et appelle sa femme lui annoncer qu’il veut arrêter, et elle lui dit « non ! tu continues !! » et sa fille, pareil ne veut pas qu’il abandonne. Yan, après ces réactions de ses proches et il décide de continuer malgré tout.  On sort du gymnase et je reconnais un homme, ami de Didier Guesnon, lui-même traileur expérimenté et il a arrêté sa course de Maxi Race de 86km, à cause de la chaleur et m’informe que Didier est toujours en course avec Jean François Daniel sur 86km en ce moment ( ils ont été finishers en 86km pour info, bravo à eux). On aperçoit le prochain sommet très très haut devant nous à faire, oh là là ca fait mal au moral.

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Tant pis, on ne peut plus reculer, il faut avancer et donc je dis à Yan que j’attaque le sommet maintenant. J’ai pris déjà une vingtaine de coureurs sur l’ascension et au sommet , je me sentais bien et je ne vois plus Yan, je me dis qu’il faut le laisser à son rythme et qu’il viendra me rattraper à la prochaine descente, j’atteins le point d’eau ( un oasis pour moi !!!). je calcule le temps qu’il me restera, je me dis que je pense arriver aux alentours de 23 heures. Un traileur me demande si je vais bien, je lui dis oui ca va. Par hasard, il me dit que si on continue à ce rythme, on arrivera vers 2h du matin et mes yeux deviennent gros ! 2h du matin !?..pas possible...J’en ai marre..ben, je continue…ca monte, ca monte, encore !!!

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Au bout de cette montée assez raide, il y a des tables de pique nique devant un télésiège, je décide de m’arrêter, me reposer et m’allonger à coté d’une dizaine de coureurs qui dormaient.. et merde, j’ai eu beaucoup de mal à me lever.. je me lève doucement, je rouvre mon portable et pas de réseau !!

Tant pis, je continue et déjà je me trompe de trajet, je fais demi-tour , la concentration baisse de plus en plus avec les heures accumulés dû au manque de sommeil ( l’effet du départ à 1h30 pffff !),

Je continue tout seul, je me bats et quelqu’un me tape sur mon épaule, c’est qui ?  je me retourne , ah Yan est revenu !!! il a retrouvé la pêche, je lui fais la bise et me double déjà et il part devant en donnant du rythme, génial !  je suis très content qu’il soit revenu car je pensais vraiment le perdre pour le reste de la course, je le suis, ca me réveille !,

La température baisse, on voit une côte très très raide nous attendre de pied ferme ! oh là la ca fait mal de le voir d’en bas. On voit même des cordes là haut à utiliser, c’est dire…

Bon on n’a pas le choix, on y va. En haut, des bénévoles nous applaudissent et on pensait continuer mais on a vu des traileurs allongés et souffler et on les a copiés en profitant d’une belle vue magnifique ( voir photo), on a mis nos coupes vent, on commence à avoir froid.

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 La descente qui nous attend là est sur 12km, oh là là, avec mon point faible aux descentes, j’allais souffrir. La nuit tombe vite.

On s’arrête sortir nos lampes frontales.Il n’y a personne autour de nous, on est bien seuls au monde ! Il fait noir et la descente est très longue et interminable et plein de pierres, j’ai pas aimé la descente avec des pierres.

Yan m’appelle et me dit avec l'air sérieux qu’il arrête tout en bas de la descente au prochain point d’eau. Il me dit que c’est pas possible d’arriver à 3h/4h du matin, qu’il avait sommeil,  qu’il veut rentrer dormir. Je suis surpris de sa réaction ferme comme s’il est vraiment déterminé à arrêter. Je lui dis qu’on verra en bas en me disant «  J’espère que Yan va encore changer d’avis ! ».

 

Arrivés au point d’eau, des bénévoles nous offrent des biscuits et du café chaud ! super, on s’asseoit et Yan me dit à nouveau qu’il abandonne définitivement et cherche un bénévole pour déclarer son arrêt. Et moi, je fais quoi ? je suis perdu, oui je suis épuisé aussi, envie de dormir mais j’avais encore les jambes pour terminer. Yan me demande : «  et toi ? tu arrêtes ou tu continues ? » je lui répond : «  je ne sais pas, comment je vais rentrer si tu rentres maintenant en navette » ( sachant que notre hotel est à 8km de la ligne d’arrivée et yan a sa clé de voiture pour rentrer à l’hotel, me demandant comment je vais trouver un bénévole à l’arrivée dans le noir pour une solution pour rentrer à l’hotel ( taxi ? j’avais la flemme de réfléchir à cela, et je me rasseois et je dis à yan que j’arrête comme lui. Et Silence, pas un mot pendant plusieurs minutes. Yan a envoyé un texto à l’organisateur de son abandon. Et moi je l’ai imité. Un jeune ( profil d’un traileur expérimenté) a remarqué qu’on s’arrête trop longtemps et est venu nous voir ce qui se passe, je lui dis qu’on arrête. Il nous traite de « fous ! » « ne vous arrêtez pas ! encore 6km de plat puis 5 km de montée et 5 km de descente et c’est la fin !ce n’est rien !!! » » je ne savais pas quoi lui dire. Ce jeune prend mon sac à dos et le met sur mon dos et relève mes batons et me les rend et me dit d’y aller maintenant ! mais je n’y vais pas. Yan reste assis et ne dit rien, il est très fatigué. Ce jeune a raison ! mais je ne voulais pas continuer sans Yan. J’étais perdu…

Bon, la navette qui récupère des blessés et des abandonnés arrive et voilà, nous partis rentrer sans regret, sans un mot. Arrivés à l’hôtel et tout de suite douche et dodo,

Le lendemain matin, au réveil, je me dis «  mais non, faut pas que j’abandonne !, fallait continuer au bout ! je suis venu pour 3 jours sans ma famille pour ça !! oh non !» et Yan m’appelle et me dit «  je regrette !, j’aurai dû lutter jusqu’au bout , merde ! », Mince !

Une leçon apprise pour la prochaine fois, il ne faut jamais abandonner même si on est épuisés sauf si on est blessés ! Il faut bien analyser, réfléchir avant d’abandonner, on a décidé un peu trop vite, on s’est emballés sans discuter nous deux à cause de la grande fatigue dû à la chaleur en grande partie on s’est dit dans les yeux que j’aurai du continuer seul et qu’il aurait pu dormir dans la voiture en m’attendant… que des regrets ! que des regrets ! c’est comme ça, Yan me dit qu’il est sincèrement désolé pour mon cas et je lui dis que c’est aussi de ma faute que j’ai pas bien réagi. Je ne lui en veux pas du tout, c’est un ami que je respecte beaucoup, j’aurai besoin de lui pour des courses extrêmes dans le futur. Cela nous rendra plus forts pour les prochaines courses difficiles et on n’abandonnera plus comme ça ! c’est un mal pour un bien !

 

On est repartis d’Annecy avec des mille regrets mais rassuré d’avoir trouvé mon niveau d’après mon abandon bizarre et inquiétant à l’écotrail de 80km de Paris ( abandon au km45) en faisant la course Ultra race sur 94km au lieu de 110km, et on était dans le bon temps en plus, ( largement loin des barrières horaires) ce qui est déjà bien avec la canicule qui ne nous a pas aidé du tout et avec le dénivelé très marquant et voir près de 45% des abandons sur cette course.  .Yan me ramène chez lui déjeuner avec sa famille à côté de Dijon avant que je prenne le train du retour rentrer chez moi.. Bon, là j’ai décidé de faire une grande pause de courses de trails pour raisons familiales et personnelles. Je continuerai  à m’entraîner, travailler plus les descentes etc.. et je rouvrira mon agenda de prochains trails bien plus tard. Je prendrai ma revanche un jour en refaisant cet Ultra RACE pour être finisher cette fois ci pour tourner la page. Merci de nous avoir suivis !

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28 octobre 2015

Endurance Trail 100km 4300m D

Quand j'ai appris que mes amis Yan Motschwiller et Eric Bécaut ont décidé de s'inscrire à l'Endurance Trail 100km en Octobre 2015 en début d'année 2015, je me disais qu'ils sont un peu fous de le faire, vu que les templiers 75 km de l'an dernier que j'ai faits étaient assez éprouvants. Le temps passe, j'ai décidé d'un coup de les rejoindre en m'inscrivant sur les 100km.

J'ai préparé un plan d'entraînement personnalisé depuis le mois de septembre ( 2mois de préparation). Avant je consultais des différents plans d'entraînements pour cette distance et ces plans proposés sont différents et je ne savais pas quoi choisir et en fonction de mon agenda familial, professionnel, il n'était pas toujours facile de les appliquer parfaitement. Donc j'ai décidé de faire un plan monté moi même en m'adaptant avec le planning familial. Par exemple, on demandait une rando trail de 5heures sur un jour du week end indiqué mais ce week end, je ne pouvais pas alors je faisais autre chose à la place et beaucoup de choses..

Quelques semaines avant cet Endurance, j'ai réservé les billets TGV ( Aller et Retour) mais j'ai changé le mode de transport du retour en réservant un vol à Montpellier (moins cher que le train!). Yan a réservé l'hotel pour nous trois. Moi j'ai réservé le bus ( Montpellier- Millau) pour nous.

Mercredi 21 Octobre: en étant tranquille à la maison après le travail, ( mes enfants en vacances ailleurs), je regardais mon plan d'entraînement, je me posais des questions si mon plan était éfficace. Je n'ai pas couru un mètre depuis Vendredi 16 Octobre. Bon, je le range et je me dis que ca va passer.

je prépare mon sac et je me couche tôt.

Jeudi 22 Octobre:

Réveil à 4h20 du matin pour attraper le 1er Rer B à 5h04, oui oui j'ai un Tgv qui m'attend à 6h07 à la Gare de Lyon!

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arrivé à Montpellier à 9h35. Je m'arrête et m'asseois. J'attends Yan et Eric qui débarquent à 11heures en provenance de Lyon. Mickael Bloyet, le coureur de Montpellier qui fera partie également de l'équipe TEAM DEAF de Marathon des Sables en Avril 2016, était là avec sa famille nous faire un coucou avant qu'on parte vers Millau. Sympa de leur part.

On est sortis de la gare, nous les trois avec des sandwiches et gâteaux prêts à dévorer dans le car qui est là devant nous, mais stupeur, le car paraît complet!!, je vois à travers les vitres que tout est bondé dedans mais j'avais déjà réservé les billets!, j'appelle le chauffeur qui a l'air perdu devant des voyageurs dehors en attente de monter dedans, il nous dit qu'il faut prendre un taxi! mais j'ai réservé les billets, je ne peux pas nous payer un taxi pour Millau, une facture très salée prévue!, mais étonnamment, une passagère nous explique ce qu'a dit le chauffeur ( on a eu du mal à comprendre ce qu'il disait), le chauffeur du car paie le taxi pour nous! mais finalement il nous a trouvé les 3 dernières places restantes séparés. Installé dedans, impossible de discuter avec Yan et Eric dispersés dans le car, déjà au sommeil, je dors 1heure et quand je me reveille, je vois apparaître les Causses,

ca y est je me dis que l'aventure commence pour de vrai.

Arrivés à Millau à la gare routière SNCF, Yan nous dit: " on auraît du prendre la voiture!, tout est compliqué avec car et train et maintenant pas de voiture pour nous amener à l'hotel qui se trouve à 4km d'ici!", oui il a raison, et de plus, on a vu que les bus à Millau ne passent qu'une fois par heure!

Bonjour la galère!, on a décidé d'abord d'aller au Salon de Trail récupérér nos dossards et rejoindre l'hotel ensuite en évitant de multiplier les déplacements bêtes, ben oui, le lendemain, la course nous attend. On s'y rend à pied avec nos valises.

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déjà du monde au Salon du trail, on s'amuse à prendre une photo souvenir proposé par le nouveau sponsor des Templiers ( Kalenji) à la place de Adidas.

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après cette photo souvenir, on visite les différents stands des divers marques de Trails, beaucoup de produits innovants et intéressants mais nos cartes bleues ne sont pas sortis. On a tout ce qu'il faut pour demain. Ensuite, en quittant le salon, on finit par les stands des organisateurs des trails dans tous les coins de la France et on nous donne des tracts de Trail de de 100km, et cela nous intéresse. On les garde mais on est curieux déjà comment ca va se passer demain avec les 100km car mon record de distance n'est à 80km. Je ne me sens pas encore un Ultra trailer.

le salon, fini de visiter, alors on fait quoi? on a envie de rentrer nous reposer, on était déjà fatigués de notre long voyage ( train car) mais l'hôtel est assez loin, 4km à pied, non merci! alors on fait appel à une bénévole lui demander s'il y a quelqu'un pour nous y déposer mais tous sont débordés et occupés devant la foule de trailers et de leurs famille. mais cette bénévole ne voulait pas nous laisser tomber comme cela alors elle nous a emmené là haut dans une résidence assez luxueuse et nous propose d'appeler un taxi ( on est bien sûr d'accord de nous partager le prix de taxi). Merci à cette dame qui a su se libérer pour nous aider et ce n'est pas fini!. et qu'est ce qu'on voit dans cette résidence? des bénévoles préparent l'accueil pour qui? le team France, Europe, Japon, Afrique du Sud qui vont se bagarrer entre eux au trail des templiers du dimanche. Enfin le taxi arrive, la bénévole est révenue et nous a demandé comment nous allons faire pour nous aligner au départ demain à 4h15. Nous lui répondons qu'on n'a pas encore trouvé une solution. La dame demande directement au chauffeur de taxi s'il pouvait nous dépanner demain, il dit non sans hésiter. Cette bénévole ( je ne sais pas son prénom), ne nous lâche pas et nous dit d'attendre en bas. Ok. Un bénévole âgé accompagné de cette bénévole arrive devant nous, l'air très souriant, accepte avec plaisir de nous chercher à l'hotel demain à 3h15/3h30. Génial de leur part et on a vivement remercié la dame.

arrivés à l'hotel enfin vers 17h30/18h. Un peu de confort sur nos lits, détendus mais pas longtemps, il faut quand même nous préparer notre matériel maintenant avant de réserver un petit déjeuner à un hotel un peu plus loin ( 100mètres) et un dîner au restaurant Campanile ( 50m).

il est 19heures. Installés au restaurant Campanile, Yan commande une bière frâiche, détendu et moi je ne l'ai pas commandé comme je le fais souvent, car je me sentais un peu inquiet de ma forme physique, épuisé par la journée de transport pas idéal et manque de sommeil assez important depuis ces derniers jours. à côté de nous, on voit beaucoup de trailers dîner comme nous. Même des trailers venant de la Martinique! ( ils présentent leur trail ' Tchimbétrail " au stand de Salon). c'était long le repas, la serveuse, perdue devant l'afflux de trailers à cette periode. Un trailer à côté de Yan mange vite et quitte le restaurant en nous souhaitant bonne chance ( il court le lendemain les 60km à 7h du matin).

retournés à l' hôtel à 21h. J'ai vérifié la dernière fois mon sac à dos et matériels, nutrition etc...

couchés à 21h30. Réveil à 2h30. Tout de suite habillé en tenu de guerrier de trail et on est partis rapidement en courant doucement au petit déjeuner ( petit déjeuner décevant et pas bon !).

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retournés à l'hotel attendre le bénévole âgé venir nous chercher, on espère qu'il ne nous a pas oublié, je lui ai envoyé un texto le rappeler. Yan et Eric préfèrent descendre et se préparer à demander à certains trailers de nous emmener au départ de l'Endurance au cas où s'il nous oublie, et bien non , il est là avec son mini bus rien que pour nous! . Il est toujours souriant et très ravi de nous chercher.

arrivés 1h à l'avance à 3h15. Il n'y a pas un stand pour nous chauffer à l'intérieur. J'ai décidé de ne pas prendre ma Go Pro, je n'aurais pas le temps de le sortir, donc je reste 100% focalisé sur la course à faire. Seulement j'ai mon i phone sur moi.

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Je porte le maillot bleu avec des logos " SOURDLINE " qui me soutient pendant 2 ans. Merci Sourdline!

 

il est 4h14, Guillaume Briffault, avec qui je m'entraîne des midis au travail, il est doué aux seuils qui m'ont fait baver!, est passé nous saluer!. il est reparti avec son fidèle compagnon de route, Christophe M.

4h15 pétantes, nous avons droit au rituel du départ des Templiers avec des fumigènes roses/rouges, beau à voir. Il fait doux, frais mais sans plus.

Il y avait du public constitué de familles des coureurs assis sur une tribune devant le départ , à cette heure là, ben bravo à eux!.

Départ enclenché, nous nous rangeons derrière car on ne voulait pas nous mettre devant, car on s'est rappelé que l'an dernier, on a pris un départ rapide en nous mettant devant et comme c'est nos 1ers 100km, on ne voulait prendre aucun risque.

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Nous prenons la route qui suit le Tarn sur 3 km environ jusqu'à la 1ère côte, ce qui a interêt à étirer le peloton et éviter une bouchon à la sortie mais rien n'y est fait, tout est embouteillé. Parfois sur cette côte, on a du s'arrêter!.. on se relance, on ralentit, on accélère, on s'arrête. Ensuite, nous avons eu de sérieux bouchons! On s'inquiète un peu de notre chrono par rapport à des barrières horaires à chaque ravito.

Je m'arrête, je sors mon gilet sac à dos, je range mon coupe vent dans ce gilet et je le remets et je repars chercher Yan et Eric dans le noir et je les ai retrouvés.

Ici, pour garder le moral et l'envie d'aller au bout, je me dis que je dois faire 5 x20km, et les prendre un par un mais finalement je change, je préfère m'opter sur le nombre de ravitos à traverser ( il y en a 7). Nous arrivons à Rivière s/ Tarn à 2h34 de course ( barrière horaire limité à 3h15), c'est juste à cause des bouchons. avec mes compagnons, on a décidé d'accélérer un peu pour éloigner les horaires de barrières de course. Yan sort ses bâtons car on a vu de loin, une très grosse côté avec un long serpentin de lampes frontales impressionnant à voir. Je l'imite et je demande à Yan de me les sortir également et MERDE!, j'ai perdu un bâton par là. Incompréhensible. J'étais pas bien du tout car 2 choses m'intriguent, c'était le cadeau de ma femme à mon anniversaire, ( ca m'a fait mal au coeur!) et comment faire les 100kms avec une dizaine de cols sans bâtons!!??.

mais je ne vais pas m'arrêter là à me bouder, les 87km nous attendent encore, bon on avance, mais comment mon moral était touché!. Une très longue montée jusqu'en haut du Causse commence et le jour commence à se lever. la pente est raide. Je vois d'en haut de ce col que je ne vois plus les trailers en bas. Ouh là là, on est bien à la queue. Il y a peut être danger et piège. On a pris la décision de doubler des traileurs trop prudents à la descente. Yan monte avec l'aide des bâtons devant moi et moi je monte sans ces bâtons mais ca va. Eric, derrière moi, ne les utilise pas encore.

On a couru à notre rythme voulu mais toujours du monde sur les sentiers..

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Nous arrivons au 2ème ravito à Motsuéjols à 5h 04 de course ( barrière horaire limité à 7h), on a regardé nos montres et étudié le parcours sur papier, on est en avance de près de 2h d'élimination, ouf, mais il faut continuer et ne pas baisser l'allure.

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Je pense toujours au bâton perdu qui trâine dans ma tête, impossible de l'oublier. Comment vais je l'annoncer à ma femme? Je lui avais dit que j'allais utiliser très souvent ces bâtons sur ce parcours très exigeant.

On a aperçu un trailer avec son sac à dos MDS ( Marathon des Sables) avec des bidons MDS, nous nous demandons s'il prépare le MDS 2016 ou il l'a déjà fait récemment.

Nous rallions vers 11h le ravitaillent " Rosier " Km 44 en 6h54 de course ( barrière éliminatoire à 9h10), on s'éloigne de plus en plus de l'horaire éliminatoire, nous sommes rassurés et satisfaits malgré notre grosse perte de temps en début de partie. Le ravitaillement des Rosiers est bien organisé. Je refais le plein.

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Beaucoup de trailers assis, émoussés change de maillots et de chaussettes, moi je ne change rien pour l'instant. Ce qui m'énerve c'est de voir un seul bâton accroché sur mon gilet et pas l'autre, disparu, je ne le digère pas. Mais pour l'instant, franchement, je n'en ai pas besoin réellement.

J'avale des granules de NUX VOMICA pour éviter des troubles digestifs que j'ai eus désagréablement au trail d'Alésia, il y a un mois qui m'a empêche de faire une bonne performance. J'ai changé ma méthode de nutrition, je n'ai pas pris le Malto ( 3derniers jours à avaler avant l'épreuve) et je décide d'utiliser le GU ( salé et sucré mélangé au goût de citron). et je le supporte bien. Je refuse désormais de prendre des gels énergétiques mais je les ai sur moi ( pour la fin de la course en cas de défaillance physique). En sortant de ce ravito, on a croisé l'homme qui nous a ramenés ce matin en navette depuis l'hotel, il etait ravi de nous avoir vu et nous a souhaité bonne chance! Sympa!.( Pour rappel, il m'a envoyé un SMS 3 jours après la course : " BONJOUR, BELLE AVENTURE QUE SONT LES TEMPLIERS. BRAVO A VOUS de la part du bénévole navette de 3heures du matin. Jcb" ( quel monsieur!!)

Pour l'instant, on reste calme et concentrés car on n'a même pas encore fait la moitié de la distance après près de 7heures de course!!.mais ce qui nous fait plaisir, c'est qu'on est toujours 3 ensemble!!.

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là, on verifie qu'on a tout sur nous, le plein d'eau et des aliments car le prochain ravito c'est dans 19 km, c'est long!. le soleil tape de plus en plus, les gouttes de mon front commencent à tomber de plus en plus. mais le plaisir de courir sur ces sentiers avec des vues magnifiques, je ne me plains pas!. On a vu un trailer allongé avec ses bâtons un peu loin au sol. Il a l'air souffrant. Un de ses bâtons est cassé. On s'arrête lui demander des nouvelles et de l'aide et on vient de croiser un promeneur qui nous dit qu'il va monter car il y a un PC Sécurité juste un peu en haut. Donc on continue.

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Ensuite, nous nous arrêtons à un point d'eau à Truel, on retrouve l'ami de Yan ( triathlète de DIjon qu'on a croisé au trail Alésia un mois avant), qui parâit essouflé un peu comme nous. Il nous dit que le plus dur est passé avec des cols très raides et la suite va nous offrir des parties un peu roulantes et des cols plus " sages" avant évidemment la dernière côte emblematique du CADE ( ça, on ne le pensera que plus tard!). Il nous rassure avec ces mots.

Nous entrons encore devant un col à franchir, c'était long. Au sommet de ce col, on s'apprête à descendre mais Eric nous appelle qu'il a besoin de s'arrêter un peu souffler. Ok, on s'arrête car on voulait toujours être ensemble. Mais Eric n'est pas encore prêt à repartir. et il nous dit d' y aller. Je me sens triste de devoir le laisser seul. Mais je serai heureux qu'il aille au bout ensuite. Je le tape dans ses mains " ne lâche pas, courage!".

Donc Yan et moi, on est pour la 1ère fois à deux depuis le début de la course à avaler les 35 derniers kilomètres. Arrivés à St André ( km 63km), on a décidé de s'arrêter une dizaine de minutes manger et boire tranquillement. De nombreux trailers allongés, dorment. Je mange du pain avec du paté de jambon, ca fait du bien!.Yan avale des petites tartines au roquefort ( je n'aime pas le roquefort, spécialité de la région, dommage).

On se lève refaire le plein ( j'ai fait le plein de 2 bidons de St Yorre!, j'avais besoin de sodium !), et on quitte le ravito et on aperçoit Eric qui arrive à son tour au ravito. Il a l'air bien et concentré! il nous rassure.

Encore 37km à parcourir. C'est encore très long.

Nous continuons sur ce plateau puis en descendant peu à peu , parfois en remontant, ceci pendant plusieurs km. Certains trailers marchent déjà, n'en peuvent plus, mais nous, on a encore la pêche de courir mais à faible allure, nous ne pouvons plus aller courir vite. mais c'est déjà ça!.

Peut être ces trailers ont décidé de gérer leur avance sur la barrière éliminatoire pour mieux attaquer la fin de la course, chacun a sa stratégie de course, moi dans ma tête, c'est avancer, avancer, avancer en pensant que je réduis les kilomètres restants. C'est la 1ère fois depuis mon 1er trail il y a 4 ans que je contrôle les barrières éliminatoires ici. C'est intéressant pour mon expérience car dans les ultra trails, il faudrait impérativement gérer les barrières horaires.

Une grande descente vers la Rocque Sainte Marguerite commence. Les descentes, je ne les aime pas trop, ca fait toujours mal. Déjà une queue. Alors un japonais a décidé de les doubler un peu sauvagement et j'ai décidé de le suivre et puis il a accéléré en descendant et je l'ai toujours suivi avec beaucoup de risques. Ensuite, une montée, Yan qui me rejoint me dit " tu es fou de faire vite à la descente, tu vas souffrir à la montée" oui je sais, mais j'assume.

Arrivés enfin au Ravito de Pierrefiche ( km 75) à 13h02 de course. J'ai pris une soupe délicieuse et du taboulé et Yan boit une bière sans alcool. Je commence à oublier les bâtons. Pour le moment, je tiens le coup.

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On sort du ravito et on voit encore une nouvelle fois Eric qui arrive à son tour à ce ravito. Il a l'air d'aller bien. Quel courage il a en étant seul!. encore 25km!

Prochain objectif: atteindre Massebiau. L'atteindre, c'est avoir de grandes chances d'être finisher. Encore 15km.

On affronte une descente technique et interminable! il fait de plus en plus sombre. Arrivé presque en bas, Yan sort sa lampe frontale en marchant depuis son sac à dos sans s'arrêter. Moi, je m'arrête le sortir. Je l'allume et j'avance . Il y a une nouvelle fois des bouchons dans la descente, impossible d'accélérer.

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Arrivés enfin à Massebiau Km 90.5km à 16h38 de course ( barrière éliminatoire: 18h20), nous sommes vraiment épuisés et fatigués.On s'arrête faire le plein d'eau au pied du sommet de Cade qui fait en général des dégâts. On s'asseoit sur un banc et on sort notre pochette élastique de "tucs" cassés en morceaux, et on les avale comme si c'était un apéro et par hasard, un trailer vient s'asseoir à côté de moi, sort également des cacahuètes!, le salé, on est en manque!.

allez c'est parti pour la dernière côte du Cade dans la nuit, on monte doucement mais jamais sans s'arrêter en regardant au sol tout le temps sans regarder là haut.

arrivé en haut, on a compris que notre objectif de finisher est décidément dans la poche et on a décidé de courir dans la forêt pour atteindre la ferme du Cade ( dernier ravito non éliminatoire enfin!) , je connais bien ce ravito, j'aime beaucoup ce ravito avec une bonne ambiance, chaleureux, repas bien garni, soupes chaudes préparés par une mamie bénévole. On s'asseoit. On souffle, il ne nous reste que 5km.

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en sortant de cette ferme, on court, on court, on est pressé d'en finir.

On passe au travers la grotte du Hibou, un grand classique des Templiers avant d'affronter une terrible descente redoutable. On glisse pas mal, je suis tombé sans gravité. Yan aussi est tombé. tout est humide sur les pierres, Danger. Vraiment dur à passer.

soudain, je vois les lumières de Millau de près et je me sens heureux. Je bipe ma femme et ma famille que j'arrive bientôt, et ils me disent que beaucoup sur facebook nous suivent depuis ce matin! wow, génial! et ils sont devant l'écran de leur ordinateur attendre mon arrivée filmée en direct sur internet.

 

Je savoure ces dernièrs kilomètres. J'envoie des sms à ma femme et ma famille que mon arrivée est imminente et je leur dis que je suis habillé en coupe vent blanc pour qu'ils me trouvent facilement à travers l'écran. Mon frère me conseille d'éteindre ma lampe frontale en arrivant, ok je le note.

à l'approche de l'arrivée, Yan me regarde et je lui dis d'y aller en premier pour qu'il soit pris en photo seul avant moi. ( il le mérite car il ne l'a pas eu malheureusement l'an dernier en ayant abandonné en raison de sa blessure de l'aine à 10km de l'arrivée). Je vois plein de flashs des photographes sur la ligne d'arrivée.

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me voilà finisher pour 18h51' 33"!

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Dominique Chauvelier, le speaker connu dans le monde de la course à pied est venu me parler mais je ne comprenais pas, il a compris que j'étais sourd. Il ne fuit pas mais il est très sympa, et demande au public de nous applaudir en agitant les mains pour nous . Superbe geste!.

Ensuite, nous avons remercié Guillaume P, Fabrice P, Thibault D, David de F de nous avoir attendu à la ligne d'arrivée. Merci à eux. Ils nous ont appris que Eric a finalement jeté l'éponge à Massebiau. On a eu tout de suite un pincement de coeur pour lui car il s'est vraiment bien battu! Bravo Eric!

 

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Après avoir pris ma médaille et mon maillot finisher, j'ai tout de suite demandé aux bénévoles si on n'a pas retrouvé par hasard mon bâton perdu au début du parcours, tout le monde dit non.

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Après avoir mangé rapidement, nous avons eu la gentillesse du groupe de sourds de nous avoir accompagné à notre hotel.

Tout de suite, on est rentrés dans la chambre et chacun prend sa douche à son tour et pendant ma douche, je pense au film de ma course de 19h en me disant que je peux être fier de moi même sans avoir utilisé mes bâtons ni avoir consommé de gels énergétiques ( même pas un!!), tout est fait naturellement, en buvant de l'eau, de l'eau mélangé avec du Gu ( pas beaucoup utilisé),du saint Yorre, patés de fruits, tartines de pâté, taboulé, tucs, soupes chaudes.

On s'allonge au lit et les lumières de chambre s'éteignent avec le sourire et le soulagement.

le lendemain, on se sépare à Montpellier pour rentrer chez soi, l'air détendus et très marqués ( ça se voit sur la photo ci dessous non?). Je suis en train d'entrer petit à petit dans le monde d'Ultra Trail.
Voilà ma saison 2015 de trails est terminée. Place au repos mérité auprès de ma famille et ensuite je me concentrerai sur ma longue préparation de Marathon des Sables d'Avril 2016.
Je tiens à remercier ma femme et mes enfants de comprendre ma passion d y aller pendant les vacances de toussaint .merci aux facebookiens de nous avoir suivi et nous avoir soutenus tout le long de la course, merci à Éric et Yan pour la belle solidarité en course et la bonne humeur durant le séjour ensemble, merci à Guillaume B de ses séances intensives de seuil et de montées qui m 'ont permis de monter petit a petit mon niveau.

 

 

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FIN

29 septembre 2015

Trail ALESIA 51 KM ( 27/09/2015)

J'avais choisi ce trail ALESIA ( course Vercingétorix de 51km) prés de Dijon, sur une proposition de Yan Motschwiller. C'était une très bonne idée pour préparer les Templiers de 100km juste 1 mois avant . Pour rappel, il est vivement conseillé de faire une longue sortie de la moitié du distance qu'on fera un mois plus tard.

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Durant le mois de Septembre 2015, je m'entrainais très bien, J'étais content de moi. J'étais confiant que mon travail à l'entraînement porterait une belle performance à Alésia.

Je faisais chaque semaine de ce mois là , 1 sortie cool d'1h15, 1 séance de côtes répétitifs, 1 séance de seuil ( ca fait mal!), et 1 sortie longue et il m'arrive de la compléter par une sortie de vélo.

J'avais beaucoup d'espoir de faire une très bonne course à Alesia vu ce que j'ai donné tout ce mois-là. Mais encore, ( j'avais une angine blanche juste avant les Templiers de 73km l'année dernière), j'ai attrapé une petite grippe qui m'a vite affaibli, forcé au repos à la maison 2 jours avant la course.

Je me suis posé la question si cela valait le coup d'aller à ALESIA. Mon médecin traitant me l'a déconseillé. Je ne l'ai pas écouté, j'ai décidé d'y aller quand même.

En général, les trailers sont assez têtus sur eux même!

Yan, qui habite près de Dijon, m'héberge chez lui samedi soir avec 2 autres trailers ( Eric Becaut, Fabrice Pelissier) est allé chercher nos dossards en avance, la veille de la course. Sympa de sa part! On lui a envoyé une photo de carte d'identité par i phone pour récuperer ces dossards. Un geste écologique! pas de photocopie de carte d'identité hein?..  Bravo Yan pour ton geste écologique, hihi...

Arrivés chez la famille de Yan vers 20h30, avec des gâteaux achetés pour leur remercier de leur accueil et une bouteille de vin de François d'Haene offert à lui de la part de Fabrice. Il nous a distribué nos dossards avec petits cadeaux des organisateurs ( un joli maillot !).

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Repas de pâtes servi, on restait bavarder et Yan nous racontait sa terrible course de l'extrême Red bull la semaine précédente et on avait beaucoup de nouvelles à nous échanger, c'est vraiment top de nous rassembler entre nous les trailers sourds avant la course du lendemain, des échanges agréabes et confortables en LSF.

On discute sur nos tenues du lendemain, Eric et Yan ont décidé de courir avec un porte bidon seulement. Pas de sac à dos. Moi, j'ai décidé de prendre mon gilet sac à dos avec 2 bidons de Raidlight de 750ml, ca paraît ridicule pour une distance de 50km, oui en effet mais je le prépare pour m'habituer aux  templiers de 100km ( il faut s'attendre à 17h ou plus de course!) avec ces bidons assez lourds, imaginez que je porte 1litre 1/2 sur ma poitrine, c'est lourd oui et pas super pour cette distance.

Je dois assumer mon choix. ( Marathon des Sables, il faut le faire comme ça).

Yan nous informe le plan de demain matin, réveil à 6h et départ de chez lui à 7h-7h15. ( la course étant donnée à 8h30). ahhh il est presque 1 h du matin et hop dodo!

Le lendemain, que c'est vachement dur le réveil, je me lève et je vois Yan, qui a tout préparé le petit déjeuner pour nous! Un super mec! Je m'asseois à côté de lui en attendant que les 2 derniers nous rejoignent sur la table. J'ai regardé Yan et j'ai dit " mais que c'est dur le réveil, pourquoi se réveiller difficilement pour aller courir " et on a souri. Dans nos regards, oui le réveil est dur mais après on ne regrettera pas!. hein, pas vrai, vous les autres trailers??

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On est parti en route direction Sainte Reine, lieu de départ. 45' de trajet.

On suivait Yan qui connaît très bien la région et le chemin ( il a déjà fait trails d'Alesia,16km, 34km, les années précédentes), il nous informe que le départ est en haut juste devant la statue de Vercingétorix, on y va, déjà équipés en tenue de trailer. Fabrice nous y accompagne ( sa course de 34km s'élance 30 minutes après notre course).

Yan nous donne des conseils sur le parcours, il nous dit de faire attention à une descente technique où il y a de nombreuses pierres qui peuvent être fatales quelques km après le départ et une montée sèche ( route) et d'autres montées ( très raide ) qu'il faut grimper à l'aide des cordes!!. et pour finir, une dernière montée pour franchir la ligne d'arrivée, ok je les note dans ma tête.

La météo est au beau fixe, du soleil présent mais frais!

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Le départ enclenché! On s'élance tranquillement, on descend et on passe devant nos voitures stationnés et Fabrice, déjà descendu, se préparer à sa course, nous fait un coucou, en nous prenant en photos ( ci dessous).

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Après un peu moins d'un kilomètre, déjà on nous propose une première montée, on s'engage sur un sentier agréable qui conduit à travers les bois et prairies

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On traverse un petit village très charmant avec de ruelles étroites ( Yan nous dit qu'il est classé parmi les plus beaux villages de France). Oui, il y a du charme!

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J'aperçois ensuite 2 coureurs déguisés en gaulois et en romain, c'etait beau à voir sur les sentiers d'ALESIA.

On passe au 1er ravito sans s'arrêter. Je me suis fait piquer par des rosiers, mais rien de grave!

Yan reconnaît certains traileurs sur cette course, il leur fait signe. Un traileur a discuté avec lui en pleine course et j'étais derrière eux et j'ai suivi leur conversation, et ils parlaient des Templiers de 100km. Ce traileur le fera comme nous. Il court avec les bâtons et nous ne les avons pas utilisés, chacun a sa méthode.

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Ensuite, une descente technique puis on s'engage sur un sentier piegeux car une nouvelle montée apparaît rapidement pour rejoindre le plateau et sa forêt.

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Le parcours est alors désormais plus roulant.  Je commence à ressentir des signes de fatigue.Yan nous indique qu'on est à 25km de course, on est toujours ensemble à 3. Quelques  centaines de mètres, je suis tombé maladroitement suite à un mauvais appui sur un chemin envahi de pierres et de racines, ( premiers signes de fatigue???)..Mais je n'ai pas eu mal ouf, on peut continuer.

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(photo=> on voit au fond de cette photo  que je commence à souffrir derrière Yan en forme!, non? lol)

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Petit à petit, je commence à céder du terrain par rapport à eux.

On arrive au ravito suivant, je les attrappe. Yan a reconnu son ancien coéquiper de son club de triathlon de Dijon. Il nous a fait remarquer que de plus en plus  de triathlètes se sont orientés désormais au monde du Trail. Je commence à avoir des difficultés physiques en sortant de cette ravito.

Je cède de plus en plus du terrain par rapport à mes amis, en forme, qui s'élancent en avant. ( on voit dans cette photo ci dessous, que je commence à perdre contact avec eux)

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J'ai réfléchi, je sais que c'est toujours agrèable de courir à 3 mais mon état de forme ne me le permet pas donc je les ai laissés partir, inutile de forcer pour les rattrapper. Je donne ce que je peux.

De plus en plus difficile quelques kilomètres après, j'ai vomi ( de l'eau!) et je ne me sentais pas bien, je marche, marche, j'avance tout doucement. Je me dis " mais pourquoi c'est difficile sur cette course de 50km alors que j'ai fait 70, 80km sans difficultés majeurs!". Je me suis ensuite dit" alors, on ne peut pas toujours être au top quelque soit la distance, c'est comme ça! il faut accepter!".

Je n'ai plus vu mes amis au loin, alors j'y vais seul, et mes pensées à l'abandon arrivent!, pour la première fois de ma carrière aux trails, j'avais envie d'aller au prochain ravito et donner mon dossard et leur demander de me rapatrier à l'arrivée.

J'arrive au ravito suivant ( seulement liquide) et je vois quelques bénévoles servir de l'eau mais je voulais du coca et du saint Yorre mais il n'y en avait pas et je vois autour qu'il n'y a pas de voitures pour me rapatrier, seulement quelques vélos donc ce n'est pas la peine de leur demander de me ramener, je me serais senti ridicule et j'ai pensé: " alors, il reste 15kilomètres, ce n'est pas énorme ( euh j'avoue que c'est un peu énorme quand même avec mon état! ) donc j'essaie d'avancer en serrant mes dents et je deciderai ce que je ferai au dernier ravito au domaine viticole de Flavigny.

Mais que c'était dur, j'ai perdu le plaisir de courir, de marcher, envie de tout arrêter mais comme je suis dans la forêt, je n'ai pas le choix, je dois avancer et ne pas rester assis.

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Et là, je vois une côte très raide mais court mais assez impressionnant, il faut y aller à l'aide des cordes attachés à chaque arbre tout le long de la côte!

Ensuite, je cours au milieu des buis, c'est assez roulant, je cours très doucement même si j'ai perdu le plaisir! " je me dis cette fois, il faut aller au bout avec la souffrance car les templiers de 100km, je vais souffrir là bas sans doute et le marathon des Sables aussi alors il faut habituer mon corps à souffrir pour le rendre plus " costaud" dans l'avenir. Ok, je ne pense plus à l'abandon, je me focalise sur la ligne d'arrivée. J'ai ressenti mes jambes très lourdes et mes mollets durs alors je décide de m'arrêter et sortir mes "boosters elite" et les mettre tout de suite pour soulager un peu mes mollets qui sont plus gros que d'habitude. En fait, j'aurai préféré de ne pas utiliser les booster car j'aime courir avec des jambes "nus" mais là, ce n'était pas possible.

Le paysage est très beau, on profite bien de la nature préservée et on a des magnifiques panoramas sur les paysages du Haut Axois, le parcours propose une alternance de prairies et de forêts. Ce trail est à recommander à tous car ce trail est familial, simple, agréable, pas trop de monde, et pas cher ( 22€ seulement pour la course de 51km avec ravitos, cadeau de maillot,etc..). En plus, c'est très bien balisé et les bénévoles sont de très bonne humeur! merci à eux!

J'arrive enfin au dernier ravito ( à 6,5 km de l'arrivée) au domaine viticole de Flavigny et je vois des trailers emoussés et assis sur des chaises devant la table des bénévoles qui distribuent de l'eau, fruits et des Tuc. Ils proposent également du vin mais je vois des bouteilles qui ne sont pas encore ouverts, personne n'en veut apparemment. Et là, ma pensée à l'abandon revient! car il y avait une voiture de Croix rouge française à notre disposition au cas où. Les bénévoles de bonne humeur essaient de réconforter le moral des traileurs crevés . Merci à elles!

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Je me suis dit " non, ne pense pas à ça!, encore 6 km, c'est rien!" mais comme Yan m'a expliqué au départ qu'il y a une dernière montée pour l'arrivée.

J'ai bipé à Fabrice s'il a fait une bonne course et me répond qu'il a souffert aussi mais il y est arrivé et m'encourage à en finir, oui il a raison.Bon, je me lève ( oui oui je me suis assis aussi comme les autres trailers émoussés), et je repars. Je ne regarde plus la voiture de Croix Rouge Française! C'est pas pour maintenant!

La partie finale se profile, une longue et douce montée me conduit au pied de l'Oppidum d'Alésia, avec une succession de faux plats ( Yan a bien dit!) qui me rapproche de l'arrivée et je vois de loin l'arche de l'arrivée et me voilà arrivé en 6h15 de course, la tête basse.

J'ai vite retrouvé la femme de Yan qui me demandait comment j'allais et m'indique qu'il y a des massages proposés juste à côté et qu'il y avait une masseuse sourde.

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( photo ci dessus, une étudiante de kiné de 2ème année,  sourde à droite)

Alors j'y vais sans hésiter, ca m'a fait du bien gravement. On est resté avec la famille de Yan pique niquer . Merci Fabrice pour bières  et merci à la femme de Yan de nous avoir préparé ce pique nique. Super.

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Ce trail Alesia est un beau trail sur de beaux parcours, ludiques mais exigeants, il ne faut surtout pas fier au faible rapport au dénivelé/distance, dans ce parcours, je remarque que les sentiers techniques succèdent rapidement aux parties plus roulantes, où il faut relancer à chaque fois. Très belle région!

Je me repose encore un peu à la fin du pique nique avant d'aller prendre ma douche en bas...

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Je suis ravi évidemment pour mes amis , Yan qui a fini en 5h45 et Eric B en 5h53, ils étaient en forme, et tant mieux pour eux. C'est une bonne nouvelle cela avant les Templiers de 100km dans un mois. Surtout, je suis rassuré pour Yan avec ses soucis de blessures à l'aine. Bravo à eux!

et Bravo à Fabrice pour son finisher de sa course de 34km en 3h57.

Maintenant Goooo rentrer à Paris me reposer !

 

 

9 juin 2015

TRANSJUTRAIL 2015

Mon 2ème Grand Trail de l'année 2015 se trouve au Jura le week end du 6/7 Juin 2015.

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il s'agit d'une course de 72km avec dénivelé 3200m . J'y participe avec 2 trailers sourds: Yan Motschwiller et Fabrice Pelissier.

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Fabio a organisé l'hébergement en louant un bel appart aux Rousses ( l'arrivée du trail s'y trouve). Tout est bien organisé, merci Fabio!

Samedi 6 Juin, rendez vous avec Fabio qui passe me chercher au pied de mon immeuble à 9h30. Je le vois très motivé et excité d'affronter son 1er vrai long trail avec dénivelé élévé.

Nous avons discuté beaucoup de choses dans la voiture, 70%sur le trail ( conseils, vécus, souvenirs, programme, matériel,...), Fabio est fier de me montrer sa belle et superbe montre Garmin Fenix 3, il me fait un coup de pub, il me dit tout ce qu'il a dans sa montre et il peut recevoir des sms dans sa montre ! Et bien encore d'autres choses. Cette montre j'ai tellement envie de l'avoir pour de vrai alors que ma montre actuelle Garmin Forerunner 310xt est bien vieillissante et fragile ( rayure sur le verre et humidité dedans). Cette montre je pourrai l'utiliser au travail et au sport. top!

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On arrive à Dijon à midi et demi, mais pourquoi faire? Mais oui, on s' y arrête récupérer Yan chez lui, près de Dijon, dans son beau village charmante, qui est préoccupé ce jour ci pour la fête traditionnelle des sorcières, oui oui oui la fête des sorcières!.

Nous avons passé un repas très agréable avec sa femme et ses amies dans la terrasse sous le soleil frappant. J'étais surpris d'avoir aperçu un renard dans leur jardin !!! Yan nous dit qu'il passe parfois le matin ou le soir mais en plein après midi, il s'étonne. Il nous dit qu'il est l'heure de partir car on doit récupérer nos dossards aux Rousses ( Jura) avant 19h et il faut prendre encore 2h15 de route depuis Dijon. Merci à lui et sa femme pour l'accueil et le repas chez eux.

Sur la route, Yan nous parle du Jura qu'il connaît bien, surtout en hiver et de ses spécialités ( Lunettes, fromage, vin, station de ski...). C'est un peu notre guide! ;).

Arrivés aux Rousses toujours sous le soleil qui tape, nous cherchons le gymnase des Rousses pour les dossards, on l'a trouvé juste à côté de la ligne de finish de trail déjà mis en place mais on a trouvé bizarre qu'il n'y avait personne autour du gymnase. Fabio a vérifié sur le site, mais non c'est à Morez!!!. Allez on se dépêche d'y aller!

Arrivés à Morez 20 minutes plus tard, oui c'est bon, il y a du monde en effet. Nous avons récupéré nos dossards sans problème et rapidement puis on s'est renseignés sur l'horaire des navettes du lendemain et on a pris un coup de marteau dans nos têtes, 3h45 le départ des navettes alors que le départ "'n'est " qu'à 5h30!, on a calculé le temps pour fixer l'heure de nos réveils, on a décidé de nous réveiller à 2h30( pour Yan, 2h40 pour Fabio, 2h50 pour moi).

Un mec est venu me faire signe, je le regarde et il me fait rappeler quelqu'un, ah oui, un ancien membre de club de Triathlon Palaiseau ( j'ai passé une année dans ce club avant de m'orienter vers le trail). On a discuté, il a arrêté le triathlon comme moi pour les trails. C'est son 2ème Transjutrail. Il a un objectif de passer sous les 9heures. ( wow!) . Il s'agit de Sylvain Nicaise ( photo ci dessous)

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Je suis passé ensuite au stand de textiles, j'ai aperçu une paire de tongues en soldes, hop, je les achète ! Une bonne affaire.

Bon on quitte Morez pour remonter aux Rousses faire nos petites courses du dîner et petit déj avant de rencontrer le propriétaire de l'appart qui nous le "prête" pour 2 nuits.

On a décidé de prendre notre plaisir de manger comme on veut, on a pris des pizzas et des bières!

On a trouvé notre appart qui est juste en face de la Suisse, à quelques mètres!, le propriétaire nous le fait visiter, impeccable son appartement avec une belle vue du paysage jurassienne.

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On se pose, on s'échange dans une ambiance détendue, l'apéro a commencé et on commence à penser de plus en plus de la course qui nous attend de pied ferme, on consulte le parcours et le profil, on prépare nos tenues, chacun pour soi. Nous nous posons des questions ( combien de gels? Combien de litre d eau? Barres utiles? Etc...).

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On regarde la finale C1 avec des bières nous décompresser, on n'a pas fini de bavarder et on continue à verifier que rien n'est oublié dans nos équipements.

après le match, hop au lit, tout est prêt!

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Dimanche 7 Juin:

Réveil 2h45 par Yan qui a l'air en forme!, ouille, ca pique!! J'ai l'impression de ne pas avoir dormi comme une nuit blanche.

Je décide de me faire un petit sandwich poulet au beurre et café + Yaourt( c'est mon pétit déj traditionnel pour les trails du matin de très bonne heure).

On descend, nous voilà équipés en mode trailer, il est 3h30' vite vite, on prend la voiture pour se rendre à l'office de tourisme, le lieu de rendez vous des navettes qui doivent nous emmener au lieu de départ à MOUTHE. Il ne fait pas froid du tout!

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après 45' en navette, nous voilà à Mouthe, on se rend dans le gymnase prendre un dernier café et s'asseoir un moment. Yan m'a dit qu'il a aperçu Xavier THEVENARD juste là, ( un grand champion de trails). Xavier est un trailer qui a déjà remporté le transjutrail et a remporté l'UTMB et encore d'autres courses. Il habite dans le Jura. Nous pensons qu'il est là pour encourager ses amis ou bien son petit frère ( on se le demande car il ressemble fort à Xavier??).

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( photo ci dessous: on nous voit en haut à droite)

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( photo ci dessous: on voit mes jambes à droite)

il est 5h, la nuit commence à s'éclaircir. On termine les préparatifs, je rends mon sac ( vétements chauds) et me voilà prêt.

5h30, on se range dans le starting block, presque à la queue du peloton. Peu importe, on s'en fout du classement, notre objectif, c'est de prendre comme d'habitude le plaisir de courir de longues heures et d'arriver jusqu'au bout, on s'est dit au départ qu'on espère vraiment arriver ensemble à 3. Ce qui ne m'est jamais arrivé d'arriver en finisher avec un ami à côté!.

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Départ enclenché! On prend le temps, je vois le peloton partir et à 500mètres, je m'arrête refaire mes lacets sur mes chaussures Brooks Cascadia ( je les adore comme le dijonnais les a aussi sur lui!), et je vois derrière le quad qui ferme la route ( genre voiture balai) et je me rends compte que je fais partie déjà des derniers! ( on est 400 alignés au départ).

Je rattrappe mes amis qui ne se sont pas arrêtés, et j'ai déjà chaud! je retire mon buff, je le range dans mon sac à dos.

Le terrain dans cette 1ere partie est assez gras, la température est déjà élevée, je transpire déjà, on traverse des bois très humides. Je décide avec Yan et Fab de ne pas accélérer, on prend notre temps, on a ralenti au départ.

Au 5ème km, on voit quelque chose d'impressionnant, le Tremplin de saut de Chaux Neuve, très impressionnant vu d'en bas et très raide!, on sort nos go pro les filmer, on ne peut pas rater cela!

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On marche dans l'escalier qui nous emmène là haut. c'est bouché! on attend, on devine que des trailers devant nous s'arrêtent prendre des photos, je ne peux pas leur en vouloir, c'est compréhensible!

Arrivé en haut, je jette un coup d'oeil vers le bas, mon dieu, jamais je ne ferai des sauts!!!

On court à notre rythme voulu ( nous les trois on prend le relais chacun, c'était super!).

à 9heures, il fait déjà 27 dégrés! on s'inquiète de la témpérature à midi et de l'après midi, car on est déjà trempés de sueur le matin tôt.

Passés au 1er ravito, on y est resté pas longtemps, à peine moins de 5', on était bien.

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On continue à notre rythme. les sensations sont bonnes.

On se retrouve dans la 1ère très grosse côte, pentue avec des virages pas évident, très étroits avec la boue . Fabio regardait de temps en temps là haut voir si on y arrive. Yan et moi, on lui a donné des conseils, ne jamais regarder là haut quand on grimpe une très grosse côte raide, un effet psychologique!

On arrrive sur une superbe vue de loin le massif de Jura, on s'arrête prendre une photo de nous 3.

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2ème ravito de Belle fontaine , on est toujours bien mais on commence à sentir la chaleur qui nous perturbe

On s'arrête faire le plein et on consulte le parcours affiché sur la table.

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Enfin arrivés à Morez km 36. la chaleur tape!, il fait très chaud et j'ai déjà envie de m'allonger sur une rivière froide! Fabio change de tenue haut et hop, les 1ères difficultés sérieuses commencent ( les 36 derniers km sont épuisantes avec plusieurs côtes cassants). La météo ne nous aide pas du tout.

Je vois de plus en plus de gouttes de sueur tomber régulièrement depuis mon front. On aperçoit maintenant une montée très costaude, avec le terrain déjà saccagé par les 1ers qui sont déjà passés et les concurrents de Marathon de trail( 36km ) qui viennent d'y passer également. Je sors mes bâtons comme Yan et Fabio , on monte, on serre nos dents.

Arrivés là haut, Fab éprouve un petit malaise, on s'arrête attendre qu'il aille mieux pour repartir mais Il n'est pas encore prêt à partir. Nous refusons de le laisser seul, on attend un peu mais il insiste de nous laisser partir pour garder nos jambes encore en forme et qu'il allait nous rattrapper à la descente! ok!

Je repars avec Yan à la descente qui est un piège car les racines sont nombreuses et d'autres pièges encore!

Yan me montre l'endroit où les juifs étaient cachés dans cette forêt de Risoux aidés par les passeurs à qui on rend hommage( voir pancarte ci dessous), qui ont permis de sauver une soixantaine de juifs qui ont fui à la barbarie nazie.

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Après pas mal de montée et de descente, on retourne voir si Fabio nous rattrappe, pas de trace pour l'instant . On arrive à PREMANON. La température commence à baisser brutalement, logique, on voit au ciel le temps très très gris, même noirs. On sent que les orages violents vont passer là!.

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( photo ci dessous: l'orage violent arrive avec de fortes pluies)

On refait le plein et on espérait revoir Fabio mais non, on s'inquiète un peu de lui car courir seul ou en groupe, c'est bien différent aux trails. Courir à 3 ou à deux, c'est encore mieux et très utile!

On quitte le ravito et on attaque une autre forêt, on y entre et soudain, on a senti des premières gouttes de pluie nous embêter, on continue comme si cela va s'arrêter rapidement mais non, c'est de pire en pire, on affronte une très grosse pluie en trombes, énorme! on s'arrête vite nous vêtir en impérméable et on repart et on pietine sur le terrain très boueux! pas de chance!

Quelques centaines de mètres plus loin en plein forêt, nous aperçevons quelque chose qui ne va pas, un groupe de 3 trailers s'arrêter et discuter avec un trailer en souffrance, on s'approche et on a compris qu'il a fait une chute et il a une plaie ouverte de sang sur son front. On essaie de trouver une solution pour lui, on ne peut pas le laisser comme ça, un trailer lui prête un bandeau buff pour remplacer l'elastoband qu'on n'avait pas sur nous et on a réfléchi quel chemin il doit prendre pour se faire soigner par la Croix Rouge Française, le prochain ravito ou retourner au dernier ravito, on discute et on lui a dit finalement de retourner au dernier ravito qui nous semble le plus proche par rapport au prochain ravito. Vive l'esprit trail. Il a nous a tant remercié de notre soutien et on est reparti toujours sous la pluie forte. Yan et moi, on pense qu'il est tombé en glissant sur des pierres mouillés et il n'avait pas de bâtons pour freiner sa descente, les bâtons ont été très utiles sur la 2 ème moitié du parcours.

4ème ravito, je commence à avoir mal aux adducteurs ( pas les muscles mais les frottements ) à cause de mon short trempé qui provoque des frottements en courant. J'ai commis une erreur d' avoir mis mon slip, ce n était pas la peine. J'avais un moulant collé au short . Yan m'a dit " mais non pas la peine de mettre la culotte sous le short!" Il a raison. Je ne peux rien faire, je continue, j'essaie d'oublier cette douleur en pensant à autre chose.Enfin le soleil revient, on range nos imperméables et on a senti qu'on commence à être fatigués, nos jambes commencent à être lourds.

Yan me prévient qu'il y a encore des difficultés à affronter, le sommet de Dôle à atteindre! on le voit là haut!, on l'attaque en marchant avec nos bâtons qui sont vraiment très utiles pour les 36 derniers kilomètres ( j'avoue que si j'avais pas les bâtons, je ne sais pas si j'y serais arrivé).

Cette côte paraît interminable, on voit le sommet avec une grosse boule blanche ( une antenne?), on a l'impression qu'on avance pas beaucoup, la boule blanche reste toujours petite!. Du  coup,nous sommes surpris de voir un 4x4 de gendarmerie française arriver en face de nous descendre sur une pente raide alors qu on est désormais sur le territoire Suisse depuis quelques temps. Bon....

Heureuseement que le soleil est revenu, car s'il pleuvait encore, on aurait pas pu profiter de la belle vue qui nous attend là haut!

Enfin, on y est! on est récompensés, la vue est MAGNIFIQUE, Panorama magnifique!! Yan me montre où se situe la ville de Genève au bord du Lac Léman. On est en Suisse pour un moment! il m' a dit qu'on pouvait voir le Mont Blanc mais là, ce n'était pas visible. Dommage.

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Le plaisir est de courte durée car on a encore une bosse "pénible" à faire en bas pour remonter ensuite vers les Rousses. Cette bosse est exactement très pénible mais courte. On est un peu surpris de croiser des moniteurs accompagner des jeunes en situation de handicap mental grimper cette côte, ces jeunes ont souffert et ne sont pas équipés ( chaussures pas adaptés, etc..). 

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Je commence à avoir hâte d'arriver aux Rousses maintenant, je suis fatigué, épuisé, ( la météo? sommeil de 2h30? ).

Après la dernière côte passée, je me sens un peu mieux et Yan est devant moi, il mène l'allure de course, je m'arrête prendre un pâté de fruit, et un couple de promeneurs assis à ma gauche me propose une pomme jaune épluché par lui même, j'ai pas pu refusé et ca m'a fait du bien! un trailer derrière moi a aussi accepté une autre pomme proposée, et je lui ai dit " qu'est ce que ca fait du bien la pomme!" il répond " ah oui!!!" je lui demande " encore combien de km?( ma montre garmin est mort!), " encore 8 km " je dis " ooohhhh" il me rassure " le plus dur est fait!!!" ah oui il a raison allez j'avale la pomme et je vois Yan m'attendre en bas. Je le rejoins.

On descend, on descend, ca fait mal! un vrai supplice pour nos quadriceps!! chaque pas provoque une onde de choc terrible.

On s'approche de l'arrivée, les 6 derniers kilomètres sont pénibles, comme si on a l'impression qu'on ne trouvera jamais la ligne d'arrivée. Des spectacteurs nous encouragent " bravo, c'est bientôt fini!".

Ensuite on traverse un petit joli tunnel avec la rivière, il fallait se pencher pour y traverser et je mets mes chaussures dans l'eau froide! ca fait du bien car la chaleur est revenue! Yan et moi on s'est regardés:  " il fait chaud et c'est difficile mais le Marathon des Sables c'est encore pire, comment faire???"

Puis encore une serie d'escaliers à faire et un passage aux Fort des Rousses, une dame nous encourage " encore 1kilomètre , non même pas 1kilomètre!",

Yann et moi on se regarde et dans nos regards, c'est fini, on a réussi à faire cette course de plus de 11h sans se lâcher, sans perdre nos traces.

On arrive en sautant sur la ligne d'arrivée ensemble heureux et en même temps!

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Après la douche collective qui nous a tant fait du bien et repas offert par les organisateurs ( on n'a même rien mangé!) , on n'avait pas l'appétit pour le moment. on a attendu Fabio , on était inquiét car il était seul et avec la météo, on s'est demandé où il peut être, et voilà 1h30 après il est arrivé tout lessivé en marchant. Bravo à lui qui n'a rien lâché!!.

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Le mec de Triathlon Palaiseau est venu me féliciter et il a fini en 8h58' chapeau à lui et je lui ai demandé comment il a fait!?? surtout quand je fais 11h15 en n'ayant pas trop trainé!, il me répond " c'est normal, je suis prof, je travaille le matin et je bosse pas l' après midi, je m'entraine tous les après midis, j'ai de la chance!" pfff veinard ce mec!.. moi, avec le temps plein de mon boulot et ma petite famille avec 2 enfants de bas âge à ma charge, je fais ce que je peux.

Un très bon week end dans cette région que je ne connaissais pas, une belle épreuve que je conseille à tout le monde de le faire un jour. On récupère nos tee shirts de finisher et on passe commander des pizzas ( encore!) et des bières et on retourne à l'appart, retrouver notre confort. On a discuté de nos passés sportifs et on a remarqué qu'on a participé aux Jeux deaflympics séparément  chacun pour sa discipline différente ( Moi au football, Yann au cyclisme, Fabio à l'athlé) et on se retrouve maintenant pour la même passion: le TRAIL!

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On a beaucoup échangé sur nos courses du jour en buvant des bières frâiches ( un régal!), nous commençons petit à petit préparer nos valises, nous rentrons le lendemain matin tôt.

 

J' ai réfléchi avec mes 2 camarades que je ne prendrais plus de gels ni barres sucres. Je prendrais une autre méthode de nutrition plus naturelle. J ai pris un énorme plaisir de courir aux côtés de Fabio et de Yan . J adorerais faire d'autres trails de longue distance avec ces 2 mecs avec qui j ai passé de moments sympas et agréables. Après réflexion, j'ai trouvé Transjutrail aussi dur que les Templiers que j ai faits en Octobre2015.

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Maintenant place au repos et je réfléchirai ce que je vais faire dans les mois à venir.

 

 Moyenne

25 mars 2015

ECO TRAIL PARIS 80 KM (2015)

Eco Trail 80km 2015 :

Ce fut ma 3ème edition du 80km eco trail Paris après celle de 2013 et de 2014.

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Cette année est spéciale car je suis bien entouré par de plus en plus de trailers sourds présents.

cette fois ci, il y avait 7 trailers sourds pour 80km, 8 pour le 30km et 1 pour le 50km. C’est génial et je suis sûr que l’année prochaine, le record de participants sourds à cette édition prochaine sera battu, je prends le pari !

Cette fois-ci, j'ai décidé de courir encore une nouvelle fois pour une bonne cause, en choisissant l'association CODA FRANCE ( association des Parents Sourds Enfants Entendants) qui vient d'être crée il n'y a pas longtemps et elle a besoin d'un support financier pour monter de nouveaux projets intéressants. Je suis heureux d'avoir réussi à atteindre l'objectif de dons en dépassant 1.000€ ( 1275€ à l'heure actuelle). Donc il ne me reste qu'à faire ma course de 80km pour cette association et ses généreux donateurs. Je leur ai dit que j'essaierai de faire 80km cette fois ci sous les 8h45 ( mais personnellement, je rêvais de faire 8h!, suis je capable!?).

La veille de cette course, le vendredi 20 Mars, je suis allé bien sûr récupéré mon dossard 905 au Salon Nature à Porte de Versailles vers 14heures

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et j’ai eu grand plaisir de croiser des trailers sourds comme David, Olivier , Guillaume, Fabrice  puis on a récupéré ces dossards ensemble, nous sommes restés un bon moment à discuter ce qu'on allait faire le lendemain et on était très contents et hâte de découdre cette course. Puis je vois Didier Guesnon, un autre trailer venant de Caen, très expérimenté ( il va faire UTMB cette année, la chance !) on a échangé pendant plusieurs minutes sur la course de lendemain. Il me demandait comment c'était le parcours et je lui ai expliqué que les 22km étaient roulants et après, ca devient un peu "pénible" mais en gros c'est roulant et sans trop diffficultés et les 10 derniers kilomètres sont sur le bithume etc...Juste derrière j'aperçois qui? Dawa Sherpa!!! Et Quel plaisir de voir Dawa Sherpa en vrai !( Dawa est l'un des plus grands trailer mondiaux très connu dans le monde du trail, il a remporté des centaines de courses) il est très simple, facile à aller le voir, sympa, cool et m’a demandé si j’allais courir le lendemain et je lui ai répondu «  et toi ? » il a dit non pour des raisons  de blessure et disait qu’il prenait le temps de le soigner, oui la blessure fait partie du sport, de l’entraînement même si c’est dur de le retenir pour nous tous !

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en rentrant à la maison , je prépare mon matériel

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le lendemain,

pris rendez vous à Massy Palaiseau avec Guillaume et Fabrice prendre le rer C pour rallier St Quentin en Yvelines avec Versailles en correspondance et petite frayeur, Laurent Delhaye, ( également partant pour les 80km) un ami que j’ai connu il y a des années dans l’école du sport pour métiers d’éducateurs sportifs, me prévient par sms qu’il y a un problème de Rer C apparemment mais notre rer C était là et allait partir comme prévu. Ouf, Laurent, coincé à Ivry a du prendre sa voiture pour ne pas manquer le grand départ à midi ! pas de chance pour lui qui devrait la récupérer le lendemain avec des pattes en feu ! Dans ce trajet, je sors tous mes affaires de mon sac revérifier! et je chauffe, masse mes jambes avec l'arnica , oui oui ca fait bizarre de le faire dans le rer en baissant notre pantalon, peu importe, il n'y avait presque personne! J'avale des morceaux de gatosport cette fois pas en chocolat mais en pomme/cannelle

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arrivée à la base de loisirs de St Quentin en Yvelines sans prob et en avance,  je bipe aux amis leur demander où ils étaient pour se rassembler. En attendant leur réponse, je ne perds pas mon temps à me préparer en tenue de trailer, faire le plein de bidons, mis des sachets hyper énergétiques, etc dans mon «  gilet sac à dos ». Je revérifie le sac, qu'il ne manque rien du tout, car un oubli de quelque chose peut être fatal dans la course de trails de longue distance..

Le départ s’approche vite !, je file déposer mon sac d’affaires dans un car qui le ramènera près de la Tour Eiffel. Je retrouve enfin les amis et 2 représentantes de l’association CODA France qui viennent m’encourager sur cette course que je dédie pour cette association. On a posé ensemble des photos, selfies de souvenir, on traînait mais avec un sourire toujours présent.

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Laurent Delhaye, mon ami ( orange au milieu de la photo) admirait notre communication en Langue des Signes Françaises et je pense qu'il est attiré de cette langue et m'a demandé de dire "bon courage" en LSF devant son iphone!.

On file nous ranger au départ et je constate qu’on est déjà à la queue du « peloton », je me dis comment je vais faire pour atteindre mon objectif de 8h souhaité si je restais à l’arrière. Je sors ma Go Pro filmer ce départ et par malheur, elle n’est plus chargée ! Je  suis abasourdi ! bon je me calme en me disant que le principal c’est de courir avec plaisir et atteindre le 1er étage de Tour eiffel. Je la range dans mon sac à dos et mes amis excités filment un peu partout avec leur go pro bien chargé !

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Il fait frais et je décide d’y aller en maillot en manches courtes accompagnés de mes manchons, les amis sourds sont vêtus de leur coupe vent sauf moi. Et une petite remarque, sur cette course, j’ai décidé de courir sans les boosters ( bas contentieux) alors que j’en utilisais toujours auparavant, juste pour voir si ces boosters apportaient vraiment quelque chose physiologiquement ou  juste une aide « psychologique ». Un test curieux de ma part.

Didier Guesnon me prévient que le départ était imminent, il a entendu «  10,9,8,7… », allez je tape les mains de ces amis de « bonne chance » !.

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Le départ se fait à midi pétante, le climat est frais, idéal pour la course. J’attends que le peloton s’élance pour avancer, on marche, on marche et enfin, on peut avancer plus vite. Mais comme les 100 ers mètres sont dans un terrain piègeux avec des trous, il vaut mieux regarder où l’on met des pieds pour ne pas subir un accident tout bête juste après ce départ, je ne vois plus les amis. Je me concentre en regardant le sol et puis après je revois Guillaume qui me dit «  ah je croyais que tu étais déjà parti rapidement » et bah non, impossible de démarrer en turbo sur ce terrain de champs. il y a déjà des bouchons, on s'arrête, on attend que le peloton s'étire pour avancer.

je reçois un sms de ma femme, une photo de mes enfants supporters, cette photo va me booster pour la longue journée qui débute à peine. Merci mes petits amours!

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et mon frère m'envoie une photo de mon neveu Leo qui me soutient aussi de loin! merci à Léo!!

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Quelques instants après je vois déjà des trailers s’arrêter ôter leurs coupes vents, moi je ne m’arrête pas ( mon coupe vent se repose dans mon sac), je continue tranquillement, j’ai décidé de ne pas accélérer car je sais que la course va être très longue et après le 1er ravito de Buc ( 23km), ce sera autre chose, on rentrera dans le dur après les 22ers km très roulantes.

Je retrouve Didier G et son compagnon de course de son club, Stéphane F et on courait ensemble à l’allure raisonnable. Surprise, Dawa Sherpa était là à nous encourager, sympa de sa part !.

Encore un bouchon en centre ville de St Quentin en Yvelines, mais pourquoi? ah oui, un bouchon avant d'aller sur la passerelle, car un groupe ( formidable gars) transportait une fille en situation de handicap pour le long de la course de 80km, chapeau à eux! 2 ou3 trailers et moi, on leur donne un coup de main  à porter à travers les escaliers car elle est très lourde, la joelette ( fauteuil orange qui porte un enfant ayant un handicap lourd). J'admire cette action! J'aimerais vraiment le faire un jour avec une équipe, car voir des enfants handicapés sourire en étant entourés de mecs costauds fait chaud au coeur. Chapeau!

je revois 2 spectateurs sourds qui nous suivaient à certains points depuis le départ, merci à eux!

Je reste quasi ensemble avec Didier jusqu’au ravito de Buc, selfie avec lui pour envoyer à ma femme qui publie des nouvelles sur ma page facebook pour informer les personnes curieux de notre course.

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Je refais le plein, un bidon d’eau pure, un autre rempli d’eau mélangé d’hydrixir de longue distance. Avalé des TUC et quelques tranches de saucisson et pas de fruits pour l’instant, ben oui, il est 14h06 et je n’avais pas avalé un plat de repas salé à midi . Je suis bien, de bonnes sensations. Didier et son ami Stéphane et moi nous repartons ensemble. Je marche un peu pour finir de m'alimenter correctement avant de recourir.

Quelques kilomètres plus tard, les choses sérieuses commencent.car les côtes s'enchaînent et plus longues qu'avant Buc. Je ressens déjà un peu la lourdeur de mes jambes et je me dis «  comment c’est possible que c’est lourd déjà au début de la course !! ».  Je sais que la partie entre BUC et Chaville est la partie la plus « pénible ». il faut juste gérer cette partie et que cela ira beaucoup mieux ensuite. Pourtant, je n'ai presque rien couru la semaine qui précède cette course sauf une petite sortie de 50' lundi dernier. Mystère.

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Les montées et descentes commencent là. Je prends plaisir à monter,Les montées se font avec les mains sur les genoux, toujours pour m’économiser. j’adore les montées mais les descentes, j’ai du mal à accélerer, je freine un peu trop prudemment et je constate que Didier est très à l’aise à la descente, il a une technique aisé de descente, et je ne l’ai pas cette qualité et résultat, je perds trace de Didier de plus en plus avec les descentes proposés. Ce n’est pas grave. Je vois que je me fais doubler souvent aux descentes et je double pas mal aux montées. C’est comme ça.

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Je ne regarde pas du tout ma montre qui est rangé dans mon sac à dos, je ne sais même pas quelle heure il est et de quelle vitesse moyenne j’assure… Je m’approche de l’Observatoire de Meudon au KM 43. Je sens que je commence à saturer du sucre ( je buvais pas mal d’eau rempli d’hydrixir et j’en avais marre et mon corps réclame du salé). Le ravitaillement en eau uniquement apparaît et je prends cette fois le plein aux bidons en eau pure et fini l’hydrixir. La vue est magnifique, un superbe panorama, on voit de loin la Dame de Fer qui nous attend à bras ouverts.

Les soucis commencent à m’embêter, il fait un vent glacial, et j’ai pris froid et je ne sais pas pourquoi j’ai pas sorti mon coupe vent pour me couvrir ( la flemme ?). Allez, je traîne pas car ma femme m’attend un peu plus loin avec ses parents et des autres aussi.

Je cours, je cours me réchauffer et je vois de loin ma femme discuter. Je m’arrête brièvement lui faire un bisou et ils me disent de ne pas rester , et d’y aller, et ils m’attendent à St Cloud ( je suis surpris qu’ils y vont !), ca me motive. c'est gentil de leur part alors qu'ils m'ont attendu longtemps juste pour me voir quelques secondes.

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 Je me concentre . Prochain ravito très indispensable et attendu car j’ai besoin de salé vraiment. Par chance, un trailer couvert de « kikourous » mange des petits morceaux de Tuc et me le propose et j’ai bien sûr accepté.

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( photo ci dessus: on me voit derrière ce trailer montrer une banderole, et c'est lui qui m'a proposé à manger une partie de Tuc en miettes!)

Ca m’a fait du bien, le salé, je réflechis que la prochaine fois, je casserais des tuc en morceaux et je les mettrais dans une poche, bonne idée, je le note, eh oui j’apprends encore de nouvelles choses intéressantes dans le trail.

À un moment, je sens que je baisse un peu  mon rythme qui était bon depuis. J’ai froid et j’ai envie d'un coup de prendre une couverture de survie que j’ai dans mon sac à dos pour la 1ere fois depuis ma découverte de trails. Mais j’attends Chaville pour décider. Je me concentre à fond en regardant l'horizon devant moi et je sens qu'un trailer à ma droite me regardait quelques secondes " qu'est ce qu'il me regarde?", bon je me penche vers lui, ahhh il me parlait!! je lui ai dit que j'étais sourd, ahhh, un peu coincé, il ne dit plus un mot!, je lui ai répondu, tu voulais me dire quoi? , l'air surpris de ma parole correcte, il voulait dire simplement que c'est dur cette partie. C'était sa 3ème Eco trail de 80km comme moi, on a discuté un peu et il me montre fièrement son buff des "diagonale des fous" qu'il a fait 3 fois et qu'il y revient pour la 4ème fois cette année. Je lui ai dit " mais pourquoi tu trouves que c'est dur cette partie alors que Les Diagonales des Fous c'est encore pire. Il m'explique qu'il trouve pénible de courir des longs kilomètres trés roulants et plats dans la forêt, il aurait préféré des montées, descentes plus régulières comme je l'ai connu aux Templiers, plus intéressant. Il n'a pas tort. Bon, on s'est salué et chacun fait sa route.

Je constate qu'il y a beaucoup de "controleurs en civils" dans la forêt avec leurs vtt, vérifier si tout le monde a le dossard et qu'ils n'aient pas d'assistance "sauvage", ni jeter des gels au sol ( les trailers ont signé une charte d'environnement avant la course!)

Enfin Chaville est là ! je file direct avaler des tuc, cacahuètes, plein de tranches de saucisson et je fais la queue pour obtenir une soupe au tomate vermicelles préparée par des mamies. Avalé la soupe, et je refais la queue demander une 2ème, oui je perds mon temps d’objectif de course, peu importe, je savais que mon rêve d’objectif de 8h s’est envolé juste avant d’atteindre Chaville. Tant pis. Je m’asseois sous une tente me réchauffer et je décide de changer de maillot, et mis enfin mon coupe vent et me voilà chaud, bien nourri au chaud, et à l’attaque, ca va mieux déjà là.

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Il ne fait pas encore nuit mais je remarque quelque chose que j’ai quand même progressé, l’an dernier et l’année d’avant, je mettais obligatoirement ma lampe frontale en quittant cette ravito et là, pas encore, il faisait jour. Pas mal !

Je suis enfin dans le bon rythme et je double pas mal de trailers. Prochain ravito à St Cloud dans 12km au 68ème km de la course.

Je m’arrête à quelques km de St Cloud sortir ma frontale, je voyais presque pas grand-chose dans la forêt et je suis de plus en plus esseulé dans cette forêt presque noire. J'ai pas envie de tomber bêtement si je croise un obstacle dans l'ombre noire surtout quand je suis plus proche de l'arrivée que le départ. Le soleil est en train de se coucher. Soudain je vois un trailer âgé d'une cinquantaine d'années tomber. Il n'avait pas encore mis sa frontale! il levait sa jambe en serrant ses dents, ah je connais cela, c'est une crampe, donc je m'arrête et j'étire sa patte et il me dit " non pas crampe, mais problème musculaire, apparemment si j'ai bien compris, car dans le noir pas évident de communiquer!. Il m'a remercié quand même, je l'ai relevé et le laisser respirer et je continue mon élan. Je me suis posé la question si j'ai bien fait d'étirer sa jambe....Ouille!

Heureusement que c’est bien balisé mais faut toujours rester vigilant pour ne pas se tromper et faire demi tour bêtement. Il y a 2 ans, je m'étais trompé de chemin en suivant un trailer et on a du faire demi tour quand on ne trouvait plus de balisages devant nous.

Ca devient vite, je cours à 12km/h ( je pense !), j’étais bien, les bonnes sensations étaient retrouvés grâce à la fameuse soupe des mamies de Chaville. Merci.

je traverse le Parc de St Cloud, très agréable à se balader en famille, mais il est interminable et long!

Je m’approche de la dernière ravito, je bipe à ma femme qui m’attend en bas de la descente après ce ravito, je vois la Tour Eiffel illuminé qui fait tourner la lumière autour d'elle comme une phare comme si cette Dame de Fer nous cherchait  pour nous accueillir au chaud . Magnifique ! Ca fait une grosse envie de la grimper cette coquine !

j' arrive au ravito de St Cloud, je passe avaler encore une fois des TUC et un verre de coca et c'est tout et je repars ( arrêt seulement 2'). La nuit tombe cette fois pour de vrai et alors ? j’adore courir dans le noir dans le calme . 

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Me voilà dans Paris, je vois ma femme de loin qui me cherchait et hésitait à chaque passage de trailers en face d’elle si c’était bien moi, la pauvre, pas facile de deviner, on ne voyait presque rien à part la lumière puissante des frontales, mais je lui ai fait signe que c’était moi et elle a couru quelques mètres en ma compagnie, Je sentais ma femme contente et soulagée de voir que j'étais bien et que j'allais finir la course sans accident.

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sympa !  je lui dis «  rendez vous à la Tour Eiffel ! » ca devient moins drôle le parcours des 6 derniers kilomètres, on passe le long de la route. C'est la seule portion que j'aime le moins du parcours de 80km. Je vois des trailers ralentir, je ne les imite pas, je cours comme si je prenais le départ de ce midi. un coureur devant moi s'arrêtait, tête basse, je l'épaule, je lui dis "regarde la tour eiffel " " c'est bientot fini", et il est reparti! un mot d'encouragement peut suffir !

Mon frère m’envoyait un message «  tu es arrivé ? » je réponds que je suis en train de m’approcher du but en étant au Pont d’IENA. Il me répond «  Didier G est finisher en8h21’ » je me dis « bravo à ce gars de 51 ans !, ca vaut le coup de s’entrâiner au club pour avoir ce niveau là alors que je m’entraine toujours en solo ».

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Je vois enfin la Tour Eiffel illuminé qui m’attend ! encore quelques marches à gravir depuis le bord de la seine , une dernière route à traverser et je vois beaucoup de monde avec plein de «  bravos », je traverse des barrières et je vois un bénévole de l’éco trail et je le reconnais ! on s’est congratulés sous les yeux des « supporters » sourds dont ma femme et la présidente de l’association CodaFrance venue avec ses 2 enfants et de son mari me féliciter. Je leur fais signe d’attendre car je ne suis pas encore finisher !,

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la course n’est pas finie ! reste encore une étage de la Dame de Fer à monter. Pas de difficultés, je pensais que cela aurait été très dur d’y franchir mais non, c’était un plaisir ! je franchis la ligne d’arrivée , c’est fait en 8h49’.

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 Heureux de la journée, le sourire aux lèvres et je suis pressé de me retrouver avec mes proches en bas. Je récupère la médaille qu’une demoiselle bénévole m’a remis, pris un beau maillot de finisher, et pris une canette de bière ( j'adore boire la bière après de longs efforts) et hop je file prendre l’ascenseur, on pouvait descendre par escaliers si on le souhaitait. Mais j’ai la flemme.

J’ai attendu assez longtemps l’ascenseur et enfin dedans, ca m’a fait drôle d’être entouré d’un mélange de touristes bien habillés accompagnés de leurs appareils photos de leurs plans" paris" et de trailers émoussés et transpirés accompagnés de leurs médailles fièrement.

enfin je retrouve les amis en bas, et chapeau à eux de m'avoir attendu et attendu les autres trailers sous le froid et vent!

une dernière pose photo avec la présidente de CODA FRANCE venue avec ses enfants et avec ma femme, également membre de l'asso!

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L’an prochain, je ne ferais pas cette édition, c’était ma 3ème 80km et ca me suffit et je préfère voir autre chose l’an prochain. ( projet Radikatrail 110km en Normandie en Avril 2016, projet à voir plus tard).

Je file rapidement au Stade Emile Anthoine récupérer mon sac et aller au buffet manger enfin un vrai repas salé et sucré et chaud!

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prochain défi en Juin 2015 dans le Jura pour la course " Transju'trail" de 72km! (6/7 Juin)

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MES REMERCIEMENTS :

Premièrement à ma femme qui comprend ma passion de trails, venue m'encourager tout le long de la course! Un grand merci à elle!

à Mes beaux parents venues m'encourager sur place aussi, et me ramener en voiture à la maison, merci!

à Mes parents qui gardaient mes enfants, merci!

aux membres d'association CODA FRANCE venues m'envoyer un soutien au départ le matin, merci!

à la présidente de CODA FRANCE, Sonia venue avec sa petite famille le soir au pied de la Tour Eiffel, merci!

aux généreux DONATEURS pour Coda France, merci!

à Benjamin Laquerrière venu nous voir au pied de la tour Eiffel,

aux  familles des autres trailers, courageux avec le froid !

À Didier Pressard ( photo) venu nous encourager! je lui remets mon dossard pour souvenir!

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Aux bénévoles, aux organisateurs, signaleurs formidables avec leurs sourires!

Aux gens qui nous applaudissaient sur le long du parcours!

Un grand bravo à tous les finishers!

Un grand bravo aux trailers sourds d'avoir été au bout! fier de vous!

 

Bilan en résumé:

je dois travailler la descente, dans un club? je vais me renseigner!

je dois écraser des TUC en miettes et les mettre dans un petit sac,

je dois revoir mon habillement en fonction du climat

je suis content de la journée malgré ma déception de l'objectif de 8h non atteint,

Nico

 

 

 

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27 octobre 2014

FESTIVAL DES TEMPLIERS 2014

pour clore ma saison 2014/2015, j'ai choisi le Grand Trail des Templiers au Festival des Templiers le 26 Octobre 2014, il s'agit de l'un des trails les plus prestigieux dans le calendrier international des Trails. Il rassemble tous les mordus de course nature. Coureurs élites ou simples amateurs, ils sont entre 2600et 2900 à partager ensemble bonheurs et souffrances sur les sentiers magnifiques de Causses.

L'an dernier, je m'étais inscrit pour ce trail mais je n'ai pas pu y aller, faute d'organisation mal faite. Donc j'ai décidé une nouvelle chance de le refaire cette année en m'inscrivant tôt à ce trail très apprécié. Et bien, j'ai failli encore ne pas y aller.

Pourquoi? J'attendais un peu pour m'organiser avec l'hébergement et transports, je pensais y aller avec des trailers sourds parisiens pour partager l'hébergement et transports ensemble, histoire de ne pas trop dépenser. Et bien, il n' y en avait personne sur Paris alors que je sais d'avance qu'il y a d'autres trailers sourds venant d'autres coins de France qui y vont. 4 sourds d'Angers et un de Dijon. Je me suis renseigné auprès d'eux pour demander si on pouvait partager l'hébergement mais malheureusement c'était déjà complet!. Ah mince! donc je regarde sur internet sur les hotels de Millau, mais non!!! C'est déjà complet à 3 mois avant la course, Dingue! comment je fais ???. et les trains, les prix ont vite flambé, impossible pour moi de mettre 220€ de ma poche uniquement pour le voyage en train. Je me dis: " c'est pas possible, encore les templiers annulés pour ça!" j'aurai du m'organiser bien avant!.

Bon, je me dis que je laisse tomber encore les Templiers cette fois ci et que je ne le ferais peut être plus jamais.

Un jour, fin Septembre 2014, Un collègue de mon travail, Fabrice D passe venir me dire bonjour dans mon bureau ( on se connaît un peu vu qu'il fait quelques trails comme l'ITT par exemple), et m'a dit par hasard qu'il va aux Templiers là avec son groupe d'amis. Je lui répond: " ah tu y vas?!, ben je me suis inscrit mais je vais déclarer forfait car je ne trouve pas une solution pour le transport et hébergement et il m'a dit: " mais viens, on va s'arranger!", ah mon rêve des templiers revient!

durant le mois de Octobre, je me suis bien entraîné avec des séances de midis avec des " fartlek" ( alors que je n'en faisais presque jamais, rare!) et j'adore maintenant ces exercices. je me dis que ces exercices vont m'apporter un plus peut être.

A une semaine des Templiers, j'arrête ma grosse préparation, je prévois de faire 2 footings de 25' environ dans la semaine qui précède les Templiers à la Ciotat ( là où je rends visite à mon frère avec son nouveau bébé Léo) et pas de chance, je suis tombé malade, j'ai eu une angine blanche, ca fait mal, impossible d'avaler, ni boire pendant 2 jours et ma famille me demande : " les templiers, bye bye?" je leur réponds " je n'en sais rien, d'abord je fais tout pour guérir et je verrai aprés, étape par étape... alors le médecin de la Ciotat m'a prescrit un traitement pour 7 jours, pfffffff...

Enfin, Mercredi, je me sens beaucoup mieux, je peux manger et boire correctement et j'ai perdu du poids anormalement. Donc mon rêve des Templiers revient à nouveau dans ma tête en espérant qu'il n' y a pas d'autre chose qui peut m'empêcher d' y aller!

Fabrice D me bipe depuis la Ciotat me proposer un rendez vous de départ à Porte de Charenton à 7h00 le samedi avec ses potes. Je m'organise.

Vendredi 24/10: je prépare mon sac et j'ai oublié de consommer du Malto ( malto à utiliser 3 jours précédant la course pour une réserve d'énergie), je file l' acheter vers midi. L'après midi, je vérifie tout mon sac que je n'ai rien oublié. Je profite de ma famille qui reste à Paris.

Samedi 25/10: réveil à 5h15, petit déjeuner tout doucement et sans bruit, par peur de réveiller mes enfants à cette heure ci. C'est bon, leurs portes de leur chambre restent toujours fermé. Je fais un bisou tendre à ma femme avant de les quitter.

J'ai pris avec succès mon rer B à 6h08

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et je suis arrivé à l'heure au point de rendez vous. J'aperçois Fab et ses 2 potes. Il m'a dit qu'il retrouve encore 3 potes directement à Millau. Donc j'ai appris qu'on sera 7 ensemble là bas.

le trajet en voiture est très long, les 3 mecs bavardaient, rigolaient beaucoup et moi je comprenais pas ce qu'ils disent. Bref, donc je dors récupérer en attendant l'arrivée en Aveyron. On a fait pause autoroute, pâtes obligés,nous 4 on a pris les pâtes et eau ( pas de vin, ni bière!), sur une terrasse dehors.

Arrivés enfin à Millau sous le beau temps magnifique avec le ciel bleu vers 15h-15h30, Fab cherche à rejoindre ses 3 potes en plein centre ville de Millau décoré plein d'affiches " festival des Templiers" un peu partout et une grande banderole autour du rond point de Centre Ville " Millau, capitale Mondiale de Trail" pour aller récupérer nos dossards ensemble.

ensuite, nous sommes allés au Salon de Trail, il y avait du monde partout, des finishers, fiers de leurs maillots "finisher Endurances des Causses"(103km faite la veille), qui déboîtaient un peu, d'autres personnes comme nous cherchant nos dossards, et beaucoup de trailers habillés en trail car il y a des courses organisés le jour du samedi,

j'ai entendu beaucoup parler de ce " Grand Trail les Templiers" l'épreuve phare du Festival des Templiers ( 2.900 trailers uniquement sur cette course alors que dans d'autres courses, pas plus de 900 concurrents environ...), j'ai lu que le parcours est magnifique mais très difficile surtout à la fin du parcours avec les 2 derniers cols très raides qui perturbent beaucoup.

en tout, le Festival des Templiers organise 11 courses de tout âge! ( même un petit trail pour enfants, un trail pour femmes " la Templière")

il faisait chaud, un mec de notre groupe me dit " ce temps là m'inquiète, demain ca va être pareil et on va souffrir à la fin", il n'a pas tort.

J'ai récupéré mon dossard numéro 1069 et on a visité le salon de Trail (1er salon français dédié au trail avec 100 exposants et 30.000 visiteurs attendus, et 2.000m2. J'ai enfin croisé quelques trailers d'Angers à la sortie du Salon, ah enfin j'utilise mon LSF pour communiquer, juste discuter un tout petit peu car mon groupe voulait rentrer se reposer après le long trajet fatiguant et notre hôtel est à .......22km de Millau! Fab n'a pas réussi à trouver un hotel dispo plus près,peu importe!...

Arrivé à l'hôtel en pleine campagne, très tranquille. Le groupe, en arrivant installé aux chambres, prépare tout de suite leur sac de trail, en vérifiant les bidons, ajouter la poudre d'énergie, compter les gels, charger les montres GPS, etc.... moi je suis descendu au bar de l'hôtel boire une bière fraiche en matant le match PSG-Bordeaux sur tv.

à 20h,après avoir avalé encore des pâtes/ jambon au resto en bas de l'hôtel,il est 21h45, il est temps que je dorme, je suis déjà fatigué mais je retourne verifier mon sac une dernière fois et ma tenue compléte car le lendemain matin, on n'aura pas le temps, ca va être speed!.

fab templiers  resto hotel 

resto hotel pates

 

Réveil à 3h30, que c'était dur, je me réveille difficilement wouahhh. pris un café  corsé et avalé des morceaux de gatosport et un petit sandwich pain complet avec une tranche de volaille. et C'est parti pour la grande journée. Je revérifie une nouvelle fois mon matériel, c'est bon j'ai ma lampe frontale chargée, bidons pleins d'eau, gels, barres protéinés, lunettes, garmin GPS prêt, dossard prêt, j'ai décidé de ne pas prendre les bâtons malgré que mon groupe l'utilise. Car j'ai lu des conseils des trailers pros sur cette utilisation. Dans la majorité, ils disent que sur un format comme les Templiers, les côtes sont relativement courtes, ils les déconseillent et peuvent gêner les trailers derrières car il y a beaucoup de chemins étroits et qu'on ne peut pas doubler, la peur de se faire embrocher. mais utiles pour les dernières côtes. comme c'est mes 1ers Templiers, je prends le risque de ne pas les prendre.

Déjà de la foule au départ de ce trail. Déjà Fab a perdu contact avec ses amis. Il fait encore nuit et froid. La foule massée contre les barrières de sécurité s'emploie à encourager tous ces trailers s'apprêtant à partir dans la nuit à l'assaut du Causse Noir.

5H14, je trépigne sur place, je lance ma Garmin et ajuste ma frontale et Ca y est, le départ est donné avec des fumigènes!, la journée s'annonce très longue mais elle sera magnifique, je le sens.

je cours à mon rythme, je suis bien. j'ai déjà perdu de vue mon groupe dispersé. Et je ne sais même pas où sont mes amis sourds, devant ou derrière? je n'en sais rien. Peut être que je les rencontrerai par hasard en course comme cela m'est arrivé lors des précédents trails. Au début du parcours, c'est relativement plat et peu accidentés mais du monde, du monde sur les sentiers, impossible de les doubler, il faut attendre plus tard que le peloton s'étire. et ce peloton commencera à former un long serpent lumineux de frontales.

Le jour commence tout juste à poindre, j'ai assisté en continu le lever du soleil à l'horizon derrières des Causses, Fabuleux!

J'ai de bonnes sensations pour l'instant, à 2h09 de course, j'arrive au ravito de Peyreleau,un village romantique qui marque le passage du 21ème kilomètre, je fais le plein et grignoté un paté de sucre et un morceau de banane et pas plus et déjà du monde à nous encourager à cette heure ci! ( 7h15, bravo à eux!) , je dis un grand chapeau à tous les bénévoles d'être là pour nous et la chance, Yann Motschwiller, un triathlète sourd de Dijon avec qui j'ai contact via les réseaux sociaux mais jamais vu en "peau" me fait signe! et on a décidé de courir ensemble pour s'entraider. Parfait. Il reste encore 54 bornes à boucler. s

Le prochain ravito est à 10km. sorti du village avec Yann,on fait face à  une nouvelle difficulté qui est une côte de 6km ( une longue montée!)qui nous emmène en haut d'une Causse. il fait jour, je range ma lampe frontale et je remets à la place ma casquette et mes lunettes. Je suis toujours aux pieds de Yann qui mène l'allure avec ses bâtons.

au 2ème ravito (km 31), on est à 3h39 de course , un bon chrono, mais Yann commence à douter de continuer car il souffre du muscle de l'aine, mais il ne lâche pas. On continue. on a vu un photographe et yann me propose de se mettre en photo nous deux, Ok!

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je vois Fab par hasard devant moi et il m' a dit" ca ne va pas trop bien, j'ai pas de bonnes jambes!" Mince, j'espère qu'il va repartir!

à un moment, je sens une gêne bizarre au niveau de mon genou gauche qui me fait gêner pour mon allure que je tenais bien depuis le départ. J'aperçois une infirmière sur un poste de secours sous un arbre, je m'arrête, et je perds contact Yann. Pas de souci, d'abord me soigner, elle m'a donné la pommade Voltarène et m'a conseille de manger sucre et beaucoup boire, ok je l'écoute, j'avale un paté de sucre qu'elle m'a donné et je suis reparti. je suis en haut des causses de Millau. La vue est splendide je vois le viaduc de Millau de très loin. Quel privilège d'être là.

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Et ensuite j'ai rattrappé Yann à la descente.

Yann, je l'ai senti grincer vraiment, je sens qu'il supporte de plus en plus mal sa douleur.

on est enfin arrivés toujours ensemble au 3ème ravito ( km 42) à 5h53 de course. les difficultés du parcours commencent à alourdir mes jambes. Yann commence à penser à abandonner. je lui ai dit qu'il reste encore 30km, qu'il essaie encore quelques kilomètres pour décider plus tard. Je lui ai donné une bière fraîche sans alcool, on s'assied, on discute, il a reçu un sms d'un ami qui lui a dit que j'étais derrière lui! ( il a suivi forcément le live de la course) et Yann lui a répondu qu'il était avec moi. Marrant. Yann me montre le topo de la course et on a discuté ce qu'on allait affronter ensuite...

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avec yann

Bon, il est temps d'attaquer les 30 km restants. On a décidé de gérer notre course en sachant que la fin s'annonce de l'enfer. Juste après ce ravito, on traverse une nouvelle fois des sentiers très agrèables,  avec un immense chaos rocheux, on s'engouffre au milieu des rocheux et on passe sous une grande arche de pierre

Les jambes tirent de plus en plus. Il fait chaud de plus en plus. Maladroitement, j'ai mal géré mon hydratation et d'un coup je n'ai plus d'eau, Je cherche Yann derrière moi car je l'ai doublé à une descente, il souffrait, le pauvre. Je ne le vois plus, j'avance, ahhh, je vois une dame avec une bouteille d'eau à sa main, je lui demande de me dépanner et m'a dit" je n'ai pas le droit" avec l'air vraiment désolé. J'ai compris qu'il ne faut pas faire de l'assistance "sauvage "car il peut y avoir des histoires. Bon je regarde le topo de la course, ahh, le point d'eau est à 1.5km OUFFFFF!

arrivé au point d'eau au Pont de Massebiau à 9h07 de course, Bidons enfin remplis fraîchement! je remarque que le public encourage chaudement les trailers avant la montée de Cade ( on dit que la montée de Cade est un enfer, une terrible côte, une montée très technique de près de 500mètres de dénivelé positif à gravir sur un peu moins de 3 kilomètres), j'ai compris que maintenant les vrais difficultés commencent sérieusement. Il est vrai que le prochain ravito est à 4km c'est peu mais pour y accéder, il faut vraiment être malade pour escalader cette côte très très raide sous la chaleur.( j'ai appris que 400 trailers ont abandonné l'an dernier avant l'arrivée au sommet). Mince, je commence à regretter l'absence de mes batons qui se reposent dans la bagnole d'un ami de mon groupe. Imaginez vous, d'escalader cette côte raide avec les 60km avalés. Dèjà au début de cette ascension, il fait des dégâts.

Je vois un trailer vomir à côté, d'autres trailers s'arrêter et s'asseoir et d'autres s'allonger, c'est fou, et bien et moi? ben aussi, j'étais pas bien, ma tête tournait, et me suis arrêté en m'asseyant pas mal de fois durant cette ascension. Je sais que j'ai perdu beaucoup de temps alors que j'ai faisait un bon chrono convenable à mes attentes!peu importe, l'essentiel, c'est de finir cette belle course. Je me suis posé des questions " mais comment vais je y arriver?"

ENFIN arrivé à la ferme de Cade à 10h14 de course ( km 65,6 Et dernier ravito), j'arrive vraiment émoussé, mais souriant car je sais maintenant que je suis proche de l'arrivée d'un peu moins de 10km encore à faire et que je suis sorti indemne de ce piège.

ensuite une descente très technique avec des cailloux glissants, je m'arrête pendre un gel et j'attaque la descente avec une concentration maximale pour ne pas tomber et me blesser bêtement à l'approche de l'arrivée. Ce serait une énorme désillusion!

Descente faite, et je sais qu'il y a encore une dernière côte à faire ( encore une côte raide!), il a fallu l'escalader avec beaucoup d'énergie et il y a même des cordes pour nous aider à monter. Vous pouvez imaginer et les passages sont étroits et on est proche du grand vide, ca fait un peu peur car avec la fatigue, on peut tomber. je monte, je monte, je souffre, je souffre, je m'arrête reprendre le souffle et je vois un chemin plat et un jeune homme présent à nous encourager, je l'appelle pour lui demander si la montée est terminée, il m'a dit " encore du plat et après encore une montée difficile juste derrière", oh non, c'est pas possible!

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( cette photo, c'est la descente juste après la fameuse montée du Cade juste avant la dernière grosse montée de Pouncho d'Agast (69.9km))

c'est un véritable chemin de croix, ce dernier point culminant de la journée. Arrivé en haut, je sens une délivrance mais je vérifie qu'il n'y a plus jamais de montées après car mes jambes sont "cuits" et bien, je suis déjà au sommet, je me dis " ca y est, je vais y arriver cette fois car il ne me reste qu'à faire la descente très raide pour atteindre la ligne d'arrivée, et surprise je traverse tout doucement en marchant quelques dizaines de mètres dans une grotte de Hibou, magnifique et j'étais dans le noir pendant quelques secondes avant de voir la lumière dehors. Super.

La descente est très difficile et très piègeux!

je sors mon Go pro filmer mon inoubliable finish et je vois la foule nous acclamer, ca fait chaud au coeur, et avec la fatigue, j' ai fait tomber ma Go Pro et un spectateur a eu la gentillesse d'aller le chercher et je vois au hasarddes sourds d'Angers m'acclamer, c'est super et des enfants attendant que je tape leurs mains, l'arrivée est assez incroyable avec des applaudissements de la foule.

Ca y est finisher en 11h56'!!!!!!

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Une partie de mon groupe m'attendait à la ligne d'arrivée, sympa de leur part. Je prends une belle grosse médaille et un sweat de finisher Adidas, ( beau cadeau, je trouve!). c'était le trail le plus difficile que j'ai faite depuis ma découverte de cette passion qui agrandit encore en moi.

je file au repas des finishers où j'ai eu bon appétit de manger de l'aligot, specialiste de la région, délicieux! et un verre de vin rouge, et ensuite douche au camping des vacances en face et hop on attend le dernier du groupe pour repartir à Paris tout de suite, eh oui, je bosse le lendemain! En partant en voiture, je vois encore des trailers trâiner en haut du Cade en pleine nuit avec des lampes frontales dans le froid. Qu'ils arrivent vite en bas!

je suis rentré ko à la maison à 3h du matin et allez vite au lit!!!!!!!

cadeau finisher

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trailers nuit (photo de nuit: on voit des lueurs de lampe frontale en haut de l'arrivée (allumée))

je regrette vraiment que mon compagnon de course, Yann ait abandonné en raison de douleurs de plus en plus vives en me prévenant par sms à 10km de l'arrivée, c'est rageant pour lui. et dommage pour la moitié de mon groupe qui ait également abandonné pour raisons diverses. et bravo aux finishers pour ce parcours terrible! et je tiens à féliciter Nicolas HERAUD, finisher des Templiers pour la 2eme fois de suite. Chapeau!

je remercie surtout beaucoup à Fab et son groupe de m'avoir accueilli chaleureusement. ils me laissent un souvenir inoubliable de la journée d'hier. Je n'oublie pas que sans le geste de solidarité de Fab, je n'aurais pas fait ce trail magnifique.

maintenant, je récupère pour 2 semaines en OFF! et ma saison de trails en 2014 est terminée. Prochaine mission, Eco Trail 80km de Paris fin Mars 2015 avec l'arrivée en prime au 1er étage de Tour Eiffel! et ensuite, je ne sais pas encore ce que je ferai en 2015, je vais voir le calendrier des trails 2015 et essayer d'organiser un week end avec d'autres trailers.

FIN

 

 

16 octobre 2014

IMPERIAL TRAIL FONTAINEBLEAU ( Septembre 2014)

Mon objectif de fin d'année est évidemment les Templiers qui seront ma dernière course de l'année 2014. J'ai décidé de faire la course " Impérial Trail " à la forêt de Fontainebleau sur une course de 58km, qui peut être une excellente préparation pour les Templiers, fin Octobre à Millau.

Je me suis parvenu à m'inscrire rapidement sur la course de 58km car on m'avait averti que les places s'envoleraient très vite, car le parcours proposé est disant magnifique et n'est réservé qu'aux 200 trailers, pas un de plus. C'est une décision des organisateurs avec l'ONF ( Office Nationale des Forêts ) pour protéger les sentiers naturels. C'est normal!

Tant mieux, j'aime les courses où il n'y a pas trop de monde. Ce ne sera pas le cas aux Templiers où on comptera environ 2.500 trailers attendus. Mais ça, c'est une autre expérience.

Je ne suis pas le seul sourd à y participer. Il y avait Luis qui s'est inscrit pour la course de 36 km et Nicolas Heraud et ses 2 amis venant d'Angers pour la course de 58km.

Une ou deux semaines avant cette course, j'ai décidé finalement de faire la course de 36 km au lieu de celle de 58km, oui oui, on peut le changer sur place, car il y a une bifurcation au KM31 si des trailers veulent changer d'avis. Je le fais pour ne pas user mes jambes car je sais que le parcours proposé est très "cassant" et très technique avec des rochers, etc...

Arrivé vers 8h30, au Parking du grand centre équestre de Fontainebleau, " le grand Parquet", il n' y avait pas tellement du monde. C'était calme, détendu.

J'ai vite croisé des amis Luis et les Angevins qui faisaient déjà la queue pour  chercher leurs dossards. Nico H écoutait les consignes, conseils d'un organisateur sur le parcours affiché à côté. Je leur ai annoncé que finalement je bifurquerai au km 31 pour finir la course de 36km au lieu de 58 km.J'ai senti que les angevins (qui feront aussi les Templiers) ont noté avec attention et avec réflexion de ma décision.

Pris dossard en 5mn facilement, je suis retourné me transformer en Trailer , j'ai croisé une dame, runneuse, qui me parlait,elle avait vu mon tee shirt de finisher de 6000D sur mon dos, elle l'a fait aussi cette année! on en a parlé un peu avec Luis et elle. Sympa. elle est brave cette runneuse, elle fait 36km ce jour là et le lendemain, elle fait une compétition de Triathlon! Ouille!

je me prépare en m'approchant de la ligne de départ, j'ai croisé quelqu'un que je connais, Guillaume B, un collègue de Mairie de Paris qui fait également 36km au lieu de 58km car il prépare l'" Endurance des Causses " ( 100km) organisé également par le Festival des Templiers.

Jr Xuojid, un professeur d'INJS est venu nous voir car on communiquait en LSF, il travaille avec des enfants sourds et j'apprends de lui, qu'il a fait les Diagonale des Fous à la Réunion ( c'est mon rêve !), et qu'il y retourne refaire la 2ème fois au même moment que je ferai les Templiers. Chapeau à lui.

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Le départ va être déclenché enfin, on s'est dit " bonne chance et prenons le plaisir d'y aller!', j'ai décidé d'accélerer un peu car mon objectif était d'arriver en 4h (ou moins) car ma fille allait participer à une course pour enfants ' KILOMETRE INFERNAL" organisé par la marque Brooks juste à côté de la ligne d'arrivée, qui sera donné au départ à 14heures.

Donc j'avais un peu de pression sur moi sur cette course que je ne pourrai pas trop traîner. Je pars sur un rythme de 11-12km/h avant d'attaquer les 1ères sections techniques.Déjà aux premiers kilomètres, mon plaisir était là, tout est beau, le soleil est là, l'odeur des pins, etc.... j'accélère et j'aperçois à quelques vingtaines de mètres devant  moi, Guillaume B qui va vite quand même, son objectif est aussi d'y arriver sous les 4 heures ( il a réussi d'ailleurs, je crois!), ensuite j'aperçois Jr Xuojid, on a couru ensemble un petit peu avant de ne plus le voir. Arrivé au 1er ravito ( 13km), je ne m'arrêtais pas, je file un verre de coca et mes bidons n'avaient pas encore vidés, à un moment, j'étais tout seul pendant des minutes, c'était génial, tout est calme, à moi tout seul la forêt, la chaleur arrive petit à petit...

J'étais bien, en forme, je courais même sur des montées aux rochers, je me force à boire abondamment, il faisait chaud, aux alentours de 27 dégrés...

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mes jambes étaient parfaites. Juste avant le 2ème ravito ( km23), j'ai senti que les trailers devant moi commençaient à s'essoufler, je les double, je les vois marcher jusqu'au ravito, peut être qu'ils manquaient d'eau et de trucs à avaler. Arrivé au Ravito km23, le soleil tape vraiment, mon chrono était bon, et si je continuais à mon rythme comme cela, j'aurais des chances d'arriver sous les 4h, j'ai revu Guillaume B au ravito. Il est reparti.

Je restais un peu faire le plein. cette fois ci, mes bidons étaient bien vidés depuis assez longtemps!  Et me voilà, rechargé de "batterie pleine" à l'attaque pour les 13 km restants, c'est peu et à la fois long!.

vraiment, le parcours est magnifique, il y a beaucoup de choses dedans: la forêt, les pins, chemins sablonneux, chemins boueux, des montées, descentes, on traverse entre 2 rochers, sous les rochers, sur les escaliers avec les mains ou sans mains....

le balisage est très correct et clair. le parcours est très technique, mais cassant, et il faut être vigilant au sol car on traverse souvent des racines des arbres qui envahissent les sentiers du parcours et justement, à 7 ou 8 kilomètres de l'arrivée:  AIE, j'avais pas vu une racine juste devant mes pieds en regardant ma montre GPS et paf, ma cheville se tord légèrement mais rien de grave, je m'arrête à courir, me calmer, m'hydrater et je remarche en boîtant pendant quelques centaines de mètres, je sais que je perds du temps de minute en minute.

J'essaie de recourir très doucement en trottinant.

J'alterne marche et course à pied pour protéger ma cheville touchée.

Là j'arrive à la bifurcation au KM 31, je vois des bénévoles qui font signe aux coureurs de 58 km d'aller à gauche et ceux de 36km à droite.

Une bénévole me demande ma distance choisie, j'ai pris le chemin à droite.

Après, je ne sentais plus la douleur de ma cheville, je recours en donnant tout ce que j'ai sur moi pour assister à la course de ma fille. Je remonte pas mal de coureurs marchant, je vois que cette course a fait du mal.

Yes, je vois de loin la ligne d'arrivée, j'accélère et me voilà arrivé en 4h14' ( 14' de trop), donc j'ai raté évidemment la course de ma fille, c'est mon seul gros regret de la journée, à part cela, j'ai pris un énorme plaisir avec ce parcours  maginifique et je souhaite à mes amis et d'autres trailers d'y aller une fois, ils ne le regretteront pas.

Je tiens à remercier les bénévoles qui ont été agréables! J'apprends que je suis classé 40ème parmi les 270 finishers, c'est pas mal.

J'espère que ce parcours dur, cassant m'apportera un déclic pour mes templiers fin Octobre.

 

 

 

1 août 2014

6000D 2014

Mardi 22 juillet 2014:

Je disais à certains de mes collègues de travail ( eux mêmes coureurs) que je parte en vacances ce soir là et je leur ai dit que je ferai une 2ème fois la 6000d, ils me répondent " la 6000d?? c'est un sacré gros morceau!"

après le travail à Bastille, je file descendre chez moi finaliser la préparation de nos valises pour aller à......LA PLAGNE!!!

valises faites, vérifié 5 fois mon sac rempli de toutes les affaires de trail. hop en route rejoindre mes parents à Belle Plagne qui y sont déjà depuis Samedi 19 juillet, pour 2 semaines.

avant de monter à Belle Plagne à 2h30 du matin, nous sommes passés à AIME (Alt 654m, lieu de départ et arrivée de la course 6000D), et nous avons vu que l'évènement est diffusé partout, au rond point, des décorations écrits " la Course des Géants", et des affiches de 6000d partout, ca y est je me sens déjà dans la course!

,même les commerces partout ont mis des affiches de l événement mythique dans leurs vitrines.

le lendemain, Mercredi 23 Juillet, mon frère et sa copine nous rejoignent à Belle Plagne, mon frère vient faire son trail de 2 Lacs, un vrai défi pour lui car il s'est pas entraîné du tout pour la course de 22km.

une nouveauté cette année: l'an dernier, j'étais le seul sourd à participer la 6000D et cette année, 13 trailers sourds participent à la course de 6000d ( 63km et 4000 m de dénivelé) et d'autres sur le trail de 2 Lacs (22km, 1100m de dénivelé):

Je me sentais bien pour cette course, je m'étais bien entraîné en ile de France en faisant les 25 Bosses avec un copain Benjamin ( un bon partenaire d'entraînement!) et je n'avais plus mal enfin au pied droit qui me faisait ch... Depuis plusieurs mois grâce à la fameuse piqûre ALTIM faite par mon médecin du sport, spécialiste de traumatologie sportive.

Jeudi, J-2: Entraînement de 45mn avec mon frère, un travail de montée et de descente. je testais les bâtons sur la montée, je suis satisfait et ensuite la descente, j'étais prudent et Mike est parti en fumée!.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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En s arrêtant a la station Belle Plagne, un restaurant propose " joyeuses pâtes !" Pour les sportifs la veille de la course , c est indiqué sur une pancarte dehors. 

Vendredi J-1: avec Mike, on est descendu en voiture nous rendre à AIME chercher nos dossards et Mike impressionné d'une partie de parcours de 6000d que je lui ai montré depuis notre voiture.

Dossards récupérés et beaucoup de bénévoles disent " bon courage!" et non " bonne chance" comme je les ai vus souvent à d'autres courses que j'ai faites. Ils ont raison, le parcours de 6000d est dur! ( voir parcours sur le site de 6000d). Puis visite de stands. J ai aperçu Emmanuel Gault, un des grands trailers de team Asics au stand Asics.
Retour à Belle Plagne nous reposer, là où mike et moi on a eu la bonne surprise que ma femme et mes enfants nous ont préparé quelque chose, ils ont écrit " allez Mike et Nico" avec une forme de train ( passion de mon fils!) sur la pelouse là où on passera en course. un beau soutien!

 

    

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Rassemblement des amis trailers venus des coins de la France ( Toulouse, Angers, Lyon, Paris) à Plagne Bellecôte avec la présence des femmes de trailers et leurs enfants, c'était super!. On échangeait nos conseils, et je leur ai donné des trucs de course a faire attention( 1 ère difficulté c est l après passage de bobsleigh pour atteindre Plagne 2000, et l ascension de Glacier très très raide, et l ascension soudaine de col d arpette et enfin la descente interminable après Bellecote .certains trailers regardaient la montagne surtout la Roche de Mio avec attention et peut être d'inquiétude!. à 19h15, dispersion du rassemblement,

  

 

à l'appart, repas Pâtes/ ratatouille fait maison. ai vérifié mon sac de trail et tout est prêt et hop au lit à 22h30 pour me réveiller à 3h, ben oui la navette m'attend à 3h45 à Belle Plagne!.

Samedi Jour J: Réveil par mon père, et mes parents m'ont tout préparé, café prêt, pain, compote de pommes, fruits sur la table, qu'est ce qu'ils sont gentils de me le faire à cette heure ci!!.

à 3h30, hop, mes parents retournent au lit et je sors et je me dis " pffff", il pleut dehors, qu'est ce que ca va être difficile sur le parcours avec la pluie. ( il pleuvait bcp la semaine). Et je vois du brouillard là haut.

Navette parti à l'heure, et déjà bondé! et Guillaume P, me rejoint dans la navette à Bellecôte. Et je dors jusqu'à l'arrivée en bas. Tout est mouillé et je me rends tout de suite dans la salle me réchauffer avec un café offert et je suis rejoint par d'autres trailers sourds et tout le monde était dans la bonne humeur!. j'ai fait la connaissance avec Anthony BRENELIERE, un trailer venant de Toulouse.

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à 5h45, nous sortons de la salle nous ranger au départ et je saute à travers une barrière pour ne pas être en queue du peloton et on nous a rappelé qu'il fallait passer derrière pour enregistrer nos dossards. On a eu de la chance d'être rappelés car sinon on ne sera pas enregistrés ni classés durant toute la course, ouf!

la pluie s'arrête ouf! serrage de mains avec mes amis, hop à l'attaque!!!

déjà au bout de quelques centaines de mètres plus tard, nous sommes en dispersion. Je ne les vois plus. j'ai déjà chaud, je m'arrête ôter mon coupe vent et le ranger. Et j'accélère un peu.

Passage au Bobsleigh: j'envoie un sms à ma femme " tout va bien mais beaucoup de boue!" et ma famille me suit en me localisant avec une application " mes amis". à cet instant, je pense à mon frère qui est en train de partir faire sa course en espérant que tout se passera bien chez lui.

1er ravito à Plagne Centre: tout va bien!

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on commence la montée en direction de la Roche de Mio, là où ma famille m'attend!, il y a eu du brouillard partout pendant l'ascension, dommage qu'on ne profite pas de superbes vues autour. Je croise par hasard Jérôme C, participant de Trail de 2 Lacs en pleine course,

Arrivée à la Roche de Mio, la foule est présente, mais beaucoup de monde, malgré le temps froid et du brouillard partout, il y avait l'ambiance quand même, les pom pom girls étaient là, sisisisi! et la foule nous pousse à aller en haut comme si on était au Tour de France sur un col de Montagne, génial!. Je m'arrête faire des bisous à ma famille et ma femme m'annonce que le passage au Glacier ( le rêve des trailers) est finalement annulé pour raisons de sécurité et tout de suite, j'étais super déçu! et je disais à ma femme " oh nooooon, c'est pas la vrai 6000D, oh noooon" et je me dis que la distance de 6000d va être raccourci à ma grande déception.

 

 

 

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Bon, tant pis, je continue et je croise mon ami Eric B au ravito de Col de Chiaupe. on descend ensemble et un bénévole nous indique d'aller à droite et pourtant à gauche, je connaissais le chemin qui va au Col de l'Arpette, et j'ai compris que les organisateurs ont décidé de nous faire la suite de parcours en repli pour compenser le manque de km de Glacier en allant ailleurs, dans l'inconnu.

à un arrêt à un point d'eau, j'ai demandé à une bénévole où on était, car je ne connaissais pas du tout le parcours de repli, et m' a dit que le parcours ira à bellecôte, et je lui ai demandé : " ah , elle ne passe pas à Belle Plagne!?" ( ma famille m'y attend!), elle disait non. Mince, j'envoie un texto vite à ma femme que je ne passerai pas à Belle Plagne. j'étais un peu déçu. je repars.

Après un passage difficile, Eric m'a lâché, et j'avais mal au ventre, impossible d'avaler des barres, rien!, quand je cours, je sens une contraction de mon ventre, donc je marche, je respire et ca allait mieux dans la suite et j'ai rattrapé Eric essouflé à une montée et s'est assis et m' a dit d'y aller pour ne pas casser mon rythme.

Col de l'Arpette franchi!!!, et je m'aperçois qu'on va finalement à Belle Plagne, je reconnais le chemin, la suite du parcours mythique, ( parcours de repli vient de se terminer ) et descente en direction de Belle Plagne, je vois  soudain avec joie mon père de loin et je lui fais signe que c'était moi et il a fait signe ensuite à ma famille un peu plus loin leur prévenir de mon passage.

J'ai eu l'impression d'être en F1, m'arrêter au stand, car ma femme sort le textile propre et mon beau père masse mes cuisses et d'autres récupèrent mes bâtons pendant mon habillage et ramassent mes chaussettes trempées et tout est aidé! et hop je repars  comme si on changeait mes pneus ( mes chaussettes propres, pratiques pour la descente, chaussettes mouillés pas idéales pour descendre, risques d'ampoules).

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J arrive déjà à l'avant dernier ravito à Bellecote me faire le plein. Et ai essayé d avaler des trucs mais pas possible. Tant pis. Je vois mon ami Luis fraîchement finisher de trail de 2 lacs m informer qu' Anthony Breneliere ( un trailer sourd de Toulouse) était déjà passé 30 minutes avant, qu est ce qu' il est bon!. Bon je pense à moi je file et le panneau m indique " 18km".

c'était une ligne INTERMINABLE pour aller à AIME en descente, 18km c'est pas grand chose mais c'était LONNGGGGG pour y arriver!.

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à ma surprise, en arrivant à AIME, je vois mon frère content de ma performance me rejoindre sur la ligne d'arrivée et m'a dit que ma femme et mon fils étaient là aussi, et je les cherchais et j'ai pris mon fils Kilian pour le finish ensemble et me voilà FINISHER pour la 2ème fois.

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 et d'un coup, je me sentais pas bien car je n'avais rien avalé durant des heures! et ma femme et mon frère se sont occupés de moi en me proposant des bananes et de l'eau.

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Ça ne marchait pas alors je suis retourne au ravito de finishers prendre du fromage et ça allait mieux! Merci le fromage!.

J'enfile ensuite mon tee shirt de finisher vert fluo ( je préfère celui de l'an dernier, mais on s'en fout un peu!)

Qu est ce que c était beau de voir la foule à l'arrivée avec plein de TEE shirts finishers en vert Flip.

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Derrière la ligne d'arrivée, On s est rassembles avec d autres finishers de trail de 2 lacs venus nous encourager. Sympa! On a décidé de se retrouver quelques heures après a Belle Plagne prendre un apéro et fêter nos finishs!

le soir, rassemblement de l'apéro avec tous les trailers sourds à Belle Plagne et c'était la Fatigue, Joie et Récup' avec de la Bière tous ensemble heureux d'avoir atteint nos objectifs.

P1050913P1050915Nous nous sommes dit que cela serait bien de refaire un week end de trail avec des groupes de sourds l'an prochain.

On s est dit au revoir , chacun rentre récupérer. Mon frère, sa copine , ma femme et moi, on voulait manger un pizza dans un resto mais c était complet! Et allés dans un autre resto, encore complet, on voyait plein de gens vêtus de TEE shirt de finishers de 2 courses manger ! Mais oui, on a tous la flemme de cuisiner après une telle course! 

ah oui, j'ai porté un brassard en souvenir de François qui était venu m'encourager l'an dernier malgré sa grave maladie, je ne l'ai pas oublié, j'ai pensé à lui quand je franchissais la ligne d'arrivée, ca m'a fait bizarre.

 

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 le lendemain de la course des Géants, il y avait " 6D Kids", une chasse au trésor organisé par le staff de 6000D, chronométré et c'était du sport, je ne vous le cache pas!, j'ai couru, couru, en poussant la poussette de mon fils en même temps que la course à pied de ma femme et de ma fille en cherchant des indices, c'était super! ( ma récupération de lendemain de course était ratée, c'est pas grave, ca m'a fait plaisir d'emmener ma fille en course!) ensuite on a assisté après la chasse au trésor, la remise de trophées aux champions de 6000D.

 

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en conclusion, je suis très satisfait de ce week end très sportif, mais je suis quand même déçu de l'annulation de l'ascension du Glacier, car j'ai ressenti que la course de cette année est quand même moins difficile que l'an dernier ( même si c'était dur cette année) car le Glacier est une chose incroyable à franchir avec une pente très très raide. tant pis! et je suis heureux que tous les amis trailers ont tous été finishers, et heureux que le nombre de trailers sourds se développe vite et ce n'est pas fini, le trail sourd sera en plein essor!

Prochaine Mission: IMPERIAL TRAIL à Fontainebleau ( 58km) le 20 septembre et FESTIVAL DES TEMPLIERS à Millau ( 73km) le samedi 26 octobre. et ensuite ma saison sera terminée.

 

FIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18 avril 2014

MARATHON DE PARIS 2014

C'est mon premier marathon. Le magazine " Jogging International" m'a offert un dossard de Marathon de Paris 2014 à la suite de Casting Couverture du numéro d'Avril 2014 de ce magazine ( pour information, j'étais parmi les 6 finalistes parmi des centaines de candidats, et j'ai perdu ! ce n'est qu'un jeu! ;)).

Au début, je ne cache pas que j'ai hésité de l'accepter ou pas car j'avais un Eco Trail de 80km une semaine avant ce marathon. Je sais que c'est pas raisonnable d'enchaîner ces 2 longues courses en 7 jours!. Mais le problème qui me frotte la tête: " je n'ai jamais fait de marathon" " Marathon de Paris, très connu dans le Monde" " Marathon de Paris gratuit".....

je me dis finalement que j'y vais mais sans objectif de chrono car je sais que j'aurai des jambes lourdes avec les 80bornes du trail.

je suis allé chercher mon dossard au Salon Running Expo vendredi ( à 2 jours du Marathon), wow que du monde ! que du monde! beaucoup d'étrangers excités de chercher leurs dossards, en étant venus de très loin comme les Japonais, Américains, Australiens, Sud Africains....Impressionnant!

Après avoir récupéré mon dossard, je passe dire bonjour au stand " Jogging International", pour faire un coucou à Marie Poirier, rédactrice en chef du Magazine et Annie Moutze, chargée de Communication et les remercier de ce beau cadeau!

j'ai jeté un coup d'oeil aux différents stands des marques de Running et des stands des prochaines courses où j'ai croisé Marie Josée PEREC!

juste avant de quitter le Salon pour retourner bosser, j'aperçois le fameux affiche de 6000D qui me fait d'excellents souvenirs de l'an dernier avec mon action magnifique pour la Ligue contre le Cancer. Le responsable de stand de 6000d me demandait si j'avais besoin de renseignements, je dis " non ca va, ca va, j'ai fait cette course l'an dernier, c'était super émotif, et je reviens l'affronter ce mois de Juillet" et il m'a serré la main me féliciter de mon courage.

Dimanche 4 Avril:

8h20: sortie du Métro " Charles de Gaulle Etoile", je vois plein de coureurs vêtus de couverture en plastique " Jogging International", chercher un coin pour leurs besoins naturels et déjà de la queue monstrueux pour aller aux WC mises en places provisoirement pour eux.

J'ai un dossard 48594 avec objectif 4h, donc je dois me ranger dans le SAS 4h, donc je vais chercher une entrée dans le départ réservé pour les coureurs de 4h. C'est pas facile, les trottoirs de Champs Elysées sont noirs de monde. Le Soleil est présent. Ouf, car on annonçait du mauvais temps !. J'aperçois le drapeau vert " 4h" donc c'est là que je dois me ranger, toujours de la foule, des coureurs parfois accompagnés de leurs proches.

Enfin, me voilà " rangé" dans le départ, il est 8h45. J'attends, je sais que les "élites" sont en train de partir et nous, on attend. Je pense à Kenenisa BEKELE, un grand favori et très connu ( palmarès impressionnant sur les pistes d'Athlé). je pense à lui car lui et moi, c'est notre 1 er Marathon de PARIS ( un point commun tout de même ^^).

Tout le monde jette leurs "couvertures en plastique", leurs vieux pulls, en l'air en direction des trottoirs où des personnes SDF avec leurs valises vides à la main, venus les récupérer. Tant mieux pour eux.

Enfin, je suis libéré vers 9h40!, soit 1heure après le départ des "élites", juste après avoir dépassé la ligne de départ, j'aperçois par hasard, Marie Poirier, rédactrice en chef de Jogging Int. applaudir les joggeurs.

Le parcours nous conduit sur la large avenue en direction de la Place de Concorde, puis sur la rue Rivoli, le public est nombreux, et bonne ambiance...

Après avoir passé l'Hotel de Ville, je maintiens mon rythme à l'allure cool, je prends mon plaisir de voir les coureurs devant, et le public nous encourager sans regarder ma montre. J'aperçois que pas mal de coureurs regarder plusieurs fois leurs montres. Ils ont sûrement un objectif précis de chrono d'arrivée à atteindre.

Beaucoup de coureurs, difficile de dépasser..

KM 5 => 24'.

Je passe Bastille, un endroit que je connais bien, vu que je bosse là bas, on repasse cet endroit tout à l'heure après avoir traversé le Bois de Vincennes.

Au ravitaillement du 10ème, les coureurs commencent à s'agiter. comme si j'avais l'impression qu'ils ont peur qu'il ne leur reste plus de bouteille d'eau alors que je vois qu'il y a plein plein de bouteilles disponibles. Je vois qu'ici au Marathon, la plupart des coureurs est stressé et obsédé de leurs chronos, ou bien ils veulent prendre du temps gagné avant le fameux mur du 30ème kilomètre ( le mur de 30ème kilomètre est connu partout dans tous les marathons, en général, les coureurs ont du mal à franchir cette ligne, souvent après cette ligne, les cuisses ne répondent plus...)...

Il commence à faire chaud,

KM 10 => 49'14"

Je commence à remarquer que les trottoirs et même sur la route que je traverse en foulées commencent à être débordés de bouteilles vides et des morceaux d'orange et banane jetés par terre, j'ai du parfois les enjamber.

Ensuite, je regardais d'autres coureurs autour de moi, je suis curieux de voir leurs dossards avec leurs différents objectifs, la plupart est de 4h donc je me dis que je suis "toujours " dans le groupe depuis le départ, donc tout va!

KM 15=> 1h14'

Bastille, te revoilà!, le public de plus en plus nombreux et bien échauffé pour nous soutenir et ils réduisent le terrain, s'approchent de plus en plus de nous comme si on montait une ascension avec la foule aux alpes de Tour de France.

Je passe devant mon bureau de travail ( demain, je repasse ici, ca fait bizarre de passer ici le dimanche!),

Nous commençons à traverser des ponts le long de la seine, dans les tunnels, les organisateurs ont une idée de mettre l'ambiance de "discothèque" avec des lumières dedans, histoire de nous " réveiller " dans le noir .

Des Pompiers avec leurs sourires n'hésitent à pas nous arrosoir!

Semi- Marathon, KM21 =>1h48'

Je vois que je commence à ralentir, mes jambes comment à souffler sérieusement, deviennent de plus en plus lourdes.

Je traverse le tunnel des Tuileries, encore une animation musicale dedans, personnellement, je trouve l'idée moyenne car les lumières de disco m'empêchent de regarder mes foulées et où je vais, et par peur de ne pas froisser  les tendons d'achilles des coureurs en face de moi.

Vers KM 28

Mes jambes ont envie de me dire " pfff, nous n'en pouvons plus, on a beaucoup travaillé samedi dernier les 80km et là c'est trop"! 

J'ai envie de leur dire " oui oui, vous avez raison, je vous offre un cadeau!, Un massage! " , je vois un arrêt spécial au km 30 ( "Mur"), des bénévoles massent des jambes des marathoniens déjà émoussés physiquement. Je m'arrête et demande quelques minutes de massage et ca fait du BIEN!!! 

Après ce passage, ca allait mieux, je cours je cours mais hélàs quelques kilomètres, il ne m'est plus possible de courir sans s'arrêter, je dois accepter une séquence de marche et de course à pied. Courir devient pénible.

Le public toujours là, avec de nombreux pancartes " Papa, tu es notre héros" " Maman, t'es forte vas y!". J'imagine que mes enfants soient là à m'encourager, ils m'auraient donné la pêche!!. j'ai envoyé un texto à ma femme lui dire que ma foulée devient de plus en plus lourde et bien sûr elle me répond" vas y, courage, courage, ca va aller!", rien que ce message, ca me booste, un message de ma femme est toujours importante!

km 30 =>2h43

Ravito: de la bousculade!! je m'approche à gauche récupérer une bouteille d'eau et bah j'ai senti un coureur me pousser derrière, sans s'excuser, et je sens des coureurs énervés et désagréables qui n'hésitent pas à gêner des autres. En quittant cette ravito, je jette ma bouteille vide dans une caisse verte de poubelle qui affichait " JE COURS, JE BOIS, JE TRIE", Belle affiche et logique et malheureusement, bcp bcp de marathoniens préfèrent jeter leurs bouteilles au sol et des morceaux de banane par terre. C'est désolant. Ca m'a intrigué de voir des jeunes bénévoles balayer des centaines de bouteilles sur le trottoir..

Autour de moi, c'est pas mieux non plus, beaucoup s'arrêtent et sortent de la route, s'étirer contre des arbres, d'autres s'arrêtent et tête basse, et en train d'essayer de vomir..., s'allonger,..;

Moi même, je suis allé m'étirer contre 3 ou 4 arbres différents sur la fin de parcours. Je vois de plus en plus des interventions de Croix Rouge Française avec leurs brancards courir à toute vitesse . 

Même des camionnettes Croix Rouge Française traversaient le parcours du Marathon avec des sirènes fortes.

Je marche, je cours, je marche, je cours

KM 35 => 3h20.

je ne prends plus de plaisir les 10 derniers kilomètres.

Je vois là, un coureur en position PLS mis en place par 2 promeneurs, Vivement que cela finisse.

Plus qu'un dernier virage, quelqu'un m'appelle derrière, je me retourne et je vois Jérémy, un ami sourd et ancien coéquipier de football en club, ca fait plaisir! il n'en pouvait plus aussi vu qu'il a fait son éco trail de 50km et qu'il a même disputé un match de foot la veille!.

pas de finish en vitesse, je passe le finish sans m'exploser de joie, surtout avec un soulagement de voir que tout est terminé la course.

Je reçois un sms de mes parents et de mon frère qui me disent qu'ils sont là finalement à l'arrivée à m'attendre, merci à eux de se déplacer pour me voir!

Je suis marathonien mais ca ne me fait rien. Je récupére une très jolie médaille et un joli tee shirt de finisher et une couverture verte pour me couvrir en rentrant à la maison.

Je sors rapidement de l'aire d'Arrivée, retrouver ma famille et ma mère m'apprend qu'elle a entendu qu'il y aura désormais un tirage au sort pour participer au Marathon de Paris 2015! je me dis " non, je ne le ferai pas, une fois, cela me suffit, courir des heures sur le bithume, ce n'est pas moi!".

FIN

 

9 avril 2014

ECO TRAIL 80KM

J'ai décidé de soutenir une nouvelle bonne cause de solidarité en faisant mon 2ème Eco Trail de 80km de Paris. J'ai choisi rapidement l'association "SOLIDARITES SOURDS DE BENIN".

il m'est important de soutenir une communauté sourde comme ces enfants sourds de Benin. J'ai contacté la présidente de cette association lui proposer de faire une action de collecte de dons pour son asso. Elle a tout de suite été enchantée de cette proposition.

Nous avons ouvert une nouvelle page de collecte de dons sous ULULE. Avec un objectif de dons 1500€.

http://fr.sport.sponsorise.me/solidarite-benin/ ( site collecte de DONS)

ecotrail80km+ solidarité sourds benin ( PAGE FACEBOOK)

j'ai décidé de ne pas être le seul à le faire puisque j'ai appris avec bonne nouvelle évidemment, la participation d'autres sourds à ce Trail ( 50km et 80km). Je leur ai proposé de me rejoindre et évidemment, ils m'ont répondu favorablement avec une grande détermination et une forte motivation.

Nous avons mobilisé la communication à tout le monde par courriels, et par la page Facebook, etc...

Nous avons préparé des tee shirts de l'asso pour la course.

Ce trail a été spécial pour moi car mon frère a décidé de le faire aussi malgré son parcours footballistique actuellement.

un Seul bémol: je ne me suis pas entraîné correctement les 2 dernières semaines en raison d'une inflammation de mon pied droit. heureusement, je tiens à remercier chaleureusement Nicolas Brendel, podologue sourd qui a donné son temps à me soigner! merci à lui.

Nous avons pris rendez vous à la Gare de Massy Palaiseau pour aller ensemble au point de départ à la Base de Loisirs de St Quentin en Yvelines. J'ai eu la bonne surprise que notre maman ( habitant à Massy) est passée nous faire un coucou à la gare et nous encourager, merci à elle!

dans le train rer C, je vérifie mon matos et j'avale des morceaux de gatosport et en donne à mon frère qui profite de ma présence me poser des questions sur le parcours et les conseils de ravitaillement, et de tenue vestimentaire....

Arrivé à la gare de St Quentin en Yvelines, on a pris la navette où j'ai croisé par hasard ma collègue, Laurence qui fait également son 1er 80km.

enfin, débarqués à la Base de Loisirs, j'ai senti mon frère tendu et un peu nerveux, normal il se demande comment il va pouvoir affronter son 1er 80km alors que sa distance record ne dépassait pas les 30km de sa vie!

Lionel, un ami sourd nous a fait signe et nous demande de le rejoindre dans un endroit derrière le départ nous préparer et nous reposer.

ensuite, dernier bisou à ma famille venue plus tard ( mes parents, ma femme et mes 2 enfants) et salué  également Luis, un coureur qui a malheureusement déclaré forfait en raison de blessure de genou.

Départ, j'allume mon Go Pro et filme l'ambiance de départ et faire un coucou à mes proches (" à tout à l'heure!"),

je décide cette année d'y aller doucement ( mon pied était encore fragile, et décidé d'accompagner mon frère jusqu'au 1er ravito de Buc), Lionel a décidé aussi de venir avec nous dans le même rythme cool, vu qu'il ne s'est pas préparé comme il le voulait, et on n'a déjà plus vu Benjamin qui est déjà parti en trombe!.

départ déclenché, c'est parti!!!

prudence au départ sur un terrain de nids de poule, les yeux rivés au sol pour ne pas nous tordre la cheville, au début c'était lent, vu du monde qu'il y avait ( 1900 trailers), puis nous entrons sur le sentier qui fait le tour du grand Lac et j'ai eu la surprise de voir Catherine Poletti en personne, qui nous applaudit, ( elle est directrice d'organisation de l'UTMB!!!), ca fait chaud au coeur!

 On n'a déjà plus vu Benjamin qui est déjà parti en trombe!.

je vois déjà des coureurs s'arrêter, ( problèmes techniques, ôter des coupe vents avec la chaleur qui frappe déjà!)...

nous continuons toujours à notre rythme lent. Nous ne voyons toujours pas Benjamin et on a vite compris qu'il est parti rapidement et qu'on ne le verrai sans doute pas dans les heures à venir.

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Mike s'accroche toujours à moi les 20ers km!(voir photo ci dessus, mon frère juste derrière moi et Lionel juste à ma gauche)

 juste après là, il commence à décrocher et je ne l'ai plus vu et en arrivant au ravito de Buc ( 22km), je m'arrête me faire le plein et Merde, il y a un problème!, j'ai versé de l'eau dans la poche à eau de mon sac à dos Salomon et je vois l'eau couler au fond du sac, j'ai compris qu'il y a une fuite, et je me pose des questions comment je vais faire m'hydrater tout le long de la course avec le temps qu'il fait dehors ( 23°)!!, tant pis, je n'ai pas le choix, j'avais fort heureusement 2 petits bidons accrochés sur le devant. c'est pas assez alors je dois gérer mon hydratation avec grande prudence. 10 Mn après, mon frère arrive, émoussé, il s'arrête et cherche déjà le coca, et me demande ce qu'il doit manger, conseils donnés et je lui propose de repartir qu'il n'a pas accepté, préférant rester un peu souffler, donc je l'attends quand même, tant pis pour mes jambes!.

en quittant le ravito de Buc, je suis toujours là pour lui, mais au fur et à mesure, Mike m'appelle me dire d'y aller à mon rythme pour ne pas me pénaliser physiquement et qu'il s'accrochera jusqu'au bout. OK! je suis parti en lui envoyant un message de soutien!.

les petites montées en forêt arrivent déjà. c'est clair que le terrain est bien sec par rapport à l'an dernier. Ce parcours est assez roulant, et bien loin de la Montagne!

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je constate que déjà des coureurs en difficulté, qui marchent, la tête en bas...

les choses commencent à se compliquer pour moi, mes bidons sont déjà vidés et j'ai ma gorge sèche. et d'un coup, je vois une dame généreuse ( avec son coupe vent " LES DIAGONALES DES FOUS") nous proposer son aide à nous donner de l'eau, merci à elle!!!!.

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je commence à galérer pour le manque d'eau à partir de km 40. obligé de ralentir pour ne pas tomber dans les pommes!et de plus, je fais beaucoup attention à mon pied,

 j'ai hâte d'atteindre le prochain ravito d'eau à Meudon, cela m'a donné des forces à recourir car je sais que ma famille m'y attend à l'observatoire de MEUDON ( km 47).

je reçois un sms de mon frère me disant qu'il est en difficulté et que sa cheville l'ennuyait beaucoup. MINCE!

je ressens une grande fatigue lors de mon passage au ravito de MEUDON, accentuée par un début sérieux de déshydratation, je bois, je bois, je bois, j'ai même vidé une bouteille d'eau entière!., quand même impressionné par le nombre de coureurs à terre, faire des étirements, allongés, yeux fermés, téléphones à leurs oreilles, avec des grimaces.

allez vite, ma famille m'attend juste à 2km là. 

direction Parc de l'Observatoire de Meudon. je vois enfin mes enfants ! Manon me dit " Papa, c'est long, tu es en retard!',

Kilian m'appelle et me montre ses foulées sur quelques mètres, mimi!

ma mère me demande " ou est Michaël?" je lui dis qu'il est en difficulté et je pense qu'il va arrêter ici. elle a dit " c'est déjà super pour lui d'en arriver ici", je dis oui!.

je m'arrête discuter une quinzaine de minutes avec mes proches et également avec Laetitia. J'étais bien avec eux, mais ma femme me dit " il faut que tu partes quand même, tes jambes vont refroidir" et bah elle a raison, bon hop un bisou à eux et c'est parti à l'attaque de la Tour Eiffel que j'ai aperçu de très loin depuis cet Observatoire.

J'arrive à Chaville. Je vois plein de coureurs commençant à tirer la langue. je m'arrête, je m'asseois, boire bcp bcp bcp d'eau en petites quantités pour éviter une crampe dans le ventre si je bois rapidement et en grosse quantité.

je prends une soupe chaude à la tomate/vermicelles et je remets ma lampe frontale, du bonheur car j'adore courir la nuit avec cette lampe!.

ca va beaucoup mieux, j'accélère petit à petit en pensant au prochain ravito à St Cloud. je dépasse beaucoup de traileurs désemparés, et dépités.

J'ai eu l'impression de traverser le parc rapidement sans avoir soif ni faim, tant mieux!

Je suis resté que 2minutes au ravito de St Cloud car il ne restait que 11 km du Finish, j'avais hâte d'y arriver et je me sentais bien! dommage que ce n'était pas le cas juste avant. je reprenais des coureurs qui me dépassait les derniers kilomètres.

J'envoie un sms à ma femme lui rassurer que tout va bien et que j'arriverai dans une heure, car elle s'inquiétait de ma déshydratation.

Arrivé sur les quais de Seine en bas, je continuais à mon rythme comme je voulais sur des rues en face de la seine et soudain, mon corps me dit" stop, on va doucement, j'ai besoin d'eau!" et oui, j'ai les lèvres sèches et je ne pense qu'à l'eau, l'eau, l'eau à l'arrivée.

Juste en face de la Tour Eiffel qui me paraît tout à côté, mais le bénévole qui sécurisait le passage des trailers m'a dit encore 2km, je ne comprends pas, la tour eiffel est juste là, oh là là la tour eiffel est donc enorme! et là, j'ai senti que mes jambes sont coupés. Alternance Marche/ Trottiner.

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encore 500mètres, j'affronte les escaliers ( bcp de marches d'escaliers ) et je vois des voyageurs sortant de la station Métro Passy ( Ligne 6) nous voir avec stupéfaction, ils doivent se dire " mais c'est quoi ça? Sac à dos, lampe frontale, ", je ne les regarde pas, je continue et j'aperçois enfin la ligne d'arrivée juste en face du Parvis de Trocadéro.

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enfin, arrivé sur le Trocadéro, j'aperçois la ligne d'arrivée, sourire aux lèvres pour la photo  en montrant mon tee shirt " Solidarités Sourds Benin" avec une forte pensée aux enfants de BENIN qui doivent être contents de cette nouvelle du dépassement de dons ( 2000€ franchi!).

 

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mes proches et amis, et représentants de l'association SSB me félicitent et je leur dis " attendez, je vais chercher l'eau, j'en peux plus!'".

ce que je vais retenir la prochaine fois:

=> vérifier l'état de ma poche à eau avant de partir courir!!! avec la déshydratation, j'ai eu des brûlures gastriques le lendemain et cela a duré quelques jours, c'était embêtant!

=> ne pas attendre quelqu'un à un ravitaillement et éviter de rester de longues minutes sur certains passages ( famille, déshydratation,...), pour éviter de casser le rythme d'allure soutenu.

=> l'an prochain, j'aurai un objectif de passer sous les 8 heures! ( objectif réalisable si ma préparation sera bien suivie!)

 

 

 

 

 

 

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